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Bénin : avec 1 207,8 milliards FCFA, la trésorerie domine le financement bancaire en 2025

Banques, La Marina BJ — Selon le Rapport sur les conditions de banque dans l’UEMOA en 2025, établi par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les crédits de trésorerie à court terme ont atteint 1 207,8 milliards de FCFA, représentant environ 61,1 % du volume global des nouveaux concours bancaires octroyés au Bénin durant les douzes mois de l’année 2026. Portée par un volume total de crédits de 1 977,9 milliards de FCFA en hausse de 2,5 %, cette prédominance des financements de court terme s’inscrit dans une configuration du marché bancaire marquée par le recul des crédits d’équipement, la forte progression des concours aux administrations publiques et la hausse du coût du crédit pour les entreprises individuelles.

Le paysage bancaire béninois a confirmé en 2025 la forte prédominance du financement des besoins de trésorerie des agents économiques. Sur un montant annuel global de 1 977,9 milliards de FCFA de nouveaux crédits mis en place dans l’économie — contre 1 929,6 milliards de FCFA en 2024 —, les besoins d’exploitation de court terme représentent la part majeure de l’activité. Cette progression de +2,5 % témoigne d’une modération du rythme d’octroi, après les progressions de +46,5 % en 2022 et +16 % en 2023. Dans ce cadre, le financement des besoins de trésorerie constitue le principal poste des nouveaux crédits bancaires, tandis que le taux débiteur moyen appliqué sur l’ensemble de la place s’est établi à 7,32 % en 2025, contre 7,24 % un an plus tôt.

L’analyse détaillée des concours bancaires révèle une forte concentration des financements sur la trésorerie, alors que les crédits d’équipement reculent nettement. Ainsi, alors que les financements d’exploitation s’élèvent à 1 207,8 milliards de FCFA, les crédits d’équipement sont passés de 350,1 milliards de FCFA en 2024 à 202,8 milliards de FCFA en 2025. Parallèlement, le crédit immobilier s’est établi à 46,3 milliards de FCFA. Les entreprises privées du secteur productif demeurent les principales bénéficiaires des financements bancaires, avec 1 441,6 milliards de FCFA captés à un taux moyen de 7,30 %, proche de la moyenne nationale. Parallèlement, les crédits accordés aux administrations publiques ont progressé de manière marquée : les concours au Trésor public et à ses démembrements ont plus que doublé, passant de 89,9 milliards de FCFA en 2024 à 183,1 milliards en 2025 (+103,7 %), à un taux moyen de 6,53 %.

Recul des crédits vers les ménages

Cette concentration des financements sur la trésorerie et la progression des concours au secteur public s’accompagnent parallèlement d’un recul des flux de crédits vers les ménages et les entreprises individuelles. Les crédits mis en place au profit des ménages se sont établis à 188,6 milliards de FCFA en 2025, contre 265,4 milliards un an plus tôt. Les flux de crédits aux entreprises individuelles sont quant à eux passés de 140,8 milliards de FCFA en 2024 à 68,4 milliards en 2025. Sur le plan tarifaire, les entrepreneurs individuels ont enregistré un coût d’emprunt moyen parmi les plus élevé à 8,40 % (contre 7,36 % en 2024), suivis par les particuliers à 8,12 %. Selon l’analyse du Cabinet WE Connector pour La Marina BJ, cette différenciation tarifaire peut notamment être rapprochée d’une prime de risque associée à des contraintes structurelles telles que l’asymétrie d’information, la faiblesse des états financiers formels et la difficulté d’apporter des garanties réelles.

L’évolution de l’octroi de crédit s’est déroulée dans un contexte d’ajustement des ressources collectées. Le flux des nouveaux dépôts à terme souscrits auprès des banques béninoises s’est établi à 1 420,1 milliards de FCFA en 2025, contre 1 721,4 milliards en 2024, soit un repli de 17,5 %. Dans le même temps, la rémunération moyenne des nouveaux dépôts est remontée à 5,58 %, contre 5,38 % en 2024, atteignant 6,04 % sur les maturités dépassant 10 ans. La comparaison entre le taux débiteur moyen (7,32 %) et le taux créditeur moyen (5,58 %) fait ressortir un écart arithmétique d’intermédiation de 1,74 point de pourcentage. Cet écart ne constitue pas la marge nette des banques, qui dépend également des charges d’exploitation, du coût du risque et de la structure globale des bilans.

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En définitive, les données de 2025 font apparaître un système bancaire dans lequel les crédits de trésorerie concentrent l’essentiel des nouveaux financements, tandis que les crédits d’équipement reculent et que les concours aux administrations publiques progressent fortement. Cette configuration intervient parallèlement à une baisse des nouveaux dépôts et à un recul marqué des crédits accordés aux ménages et aux entreprises individuelles.

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