Financement public, La Marina BJ — Les concours financiers de l’État continuent de constituer la principale source de financement des établissements publics béninois, malgré une progression continue de leurs recettes propres. Selon les récentes données de la direction générale du budget basées sur l’ensemble des 62 établissements publics, les ressources mises à disposition par l’État représentent en moyenne 50,3 % des recettes mobilisées entre 2023 et 2025. Cette évolution s’observe dans un contexte marqué par une hausse des dépenses de personnel, une progression des charges de fonctionnement et un recul des investissements.
En 2025, les 62 établissements publics ont enregistré 402,9 milliards de FCFA de recettes, contre 342,7 milliards en 2024 et 347 milliards en 2023. Sur le dernier exercice, les ressources provenant de l’État atteignent 194,9 milliards de FCFA, contre 180,4 milliards en 2023. Elles représentent ainsi près de la moitié des recettes réalisées par ces structures et demeurent leur principale source de financement.
La structure de ces concours financiers a toutefois connu une recomposition. Les subventions d’exploitation sont passées de 44 milliards de FCFA en 2023 à 78,7 milliards en 2025, tandis que les transferts en capital ont reculé de 97,1 milliards à 70 milliards sur la même période. Selon la note de la direction générale du budget, cette évolution pourrait s’expliquer notamment par l’achèvement de plusieurs projets d’investissement ayant réduit les besoins de financement en capital.
La contribution publique demeure donc déterminante, mais sa répartition entre financement du fonctionnement courant et soutien à l’investissement a évolué. En 2025, la Présidence de la République concentre la part la plus importante des ressources étatiques affectées aux établissements suivis, avec 104,5 milliards de FCFA, devant les secteurs de l’agriculture, des sports et de la justice.
Des recettes propres en progression
Parallèlement aux concours de l’État, les recettes propres des établissements publics poursuivent leur progression. Elles sont passées de 59,7 milliards de FCFA en 2023 à 89,1 milliards en 2024, puis à 104,5 milliards en 2025. Sur trois exercices, leur montant a ainsi augmenté de 75 %. Selon la note analytique consultée par La Marina BJ, cette progression serait la résultante des mesures engagées pour améliorer le climat des affaires et renforcer la gouvernance des établissements publics. En 2025, les recettes propres représentent environ 26 % des recettes totales, contre près de 17 % en 2023. Elles contribuent ainsi à réduire le poids relatif des financements étatiques, sans pour autant établir que les établissements disposent désormais d’une autonomie financière suffisante. Sur l’ensemble de la période étudiée, elles ne représentent d’ailleurs qu’environ 23,2 % des recettes mobilisées.
Les autres ressources, qui comprennent notamment les emprunts, les dons, les legs et diverses subventions, restent également importantes, mais leur évolution demeure irrégulière. Les emprunts réalisés sont ainsi passés de 92,6 milliards de FCFA en 2023 à 32,5 milliards en 2025, tandis que les autres fonds ont retrouvé en 2025 un niveau proche de celui observé deux ans plus tôt après un repli enregistré en 2024.
L’évolution observée traduit donc une diversification des sources de financement, plutôt qu’un retrait de l’État en valeur absolue. Entre 2023 et 2025, les concours publics ont, au contraire, augmenté de 14,5 milliards de FCFA. Le recul de leur poids relatif s’explique aussi par la progression des recettes totales, qui ont atteint 402,9 milliards de FCFA en 2025.
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La soutenabilité du modèle
L’amélioration des recettes intervient dans un contexte où les dépenses demeurent soutenues et connaissent des évolutions contrastées selon leur nature. Elles se sont établies à 646,3 milliards de FCFA en 2025, contre 741,8 milliards en 2024 et 546,7 milliards en 2023. La masse salariale a, pour sa part, atteint 233,3 milliards de FCFA en 2025, contre 139,5 milliards deux ans auparavant.
Selon l’analyse, cette progression des dépenses de personnel pourrait s’expliquer notamment par l’augmentation des effectifs des établissements publics et par la mise en œuvre de la mesure gouvernementale de revalorisation des salaires. Dans le même temps, les dépenses de fonctionnement hors salaires sont passées de 60,6 milliards de FCFA en 2023 à 270,1 milliards en 2025. À l’inverse, les dépenses d’investissement ont fortement reculé, de 320,5 milliards à 73,8 milliards sur la période, une évolution qui, selon la note, pourrait traduire l’achèvement de plusieurs grands chantiers.
Ces évolutions soulèvent une question distincte de celle de la contribution de l’État à savoir celle de la capacité des établissements publics à couvrir durablement leurs charges et à maintenir leurs investissements grâce à des ressources plus diversifiées. Les projections pour la période 2027-2029 annoncent une progression des produits d’exploitation, une amélioration du résultat net et une meilleure maîtrise du ratio entre les charges et les produits. Leur réalisation dépendra notamment de la mobilisation des ressources propres, de la maîtrise des charges et du maintien des efforts de gouvernance financière.
La note analytique ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à un désengagement financier de l’État. Elle met davantage en évidence une recomposition progressive de la structure des recettes des établissements publics : les ressources propres poursuivent leur progression tandis que les concours publics conservent un poids central dans leur financement. Les prochains exercices permettront d’apprécier si cette diversification se traduit durablement par un renforcement de l’autonomie financière des établissements publics ou si leur équilibre continuera de reposer principalement sur les concours financiers de l’État.
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