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Face à la congestion, le Port de Cotonou déporte une partie du transit nigérian vers Djèffa

Maritime, La Marina BJ – Depuis ce jeudi 5 novembre 2026, les opérations de dépotage de certains conteneurs de 20 pieds en transit vers le Nigéria sont transférées sur la plateforme logistique sous douane de Djèffa. Cette mesure, destinée à décongestionner les terminaux, participe à la réorganisation des flux de marchandises autour du port. En savoir plus.

Le Port autonome de Cotonou (PAC) déplace une partie des opérations de dépotage hors de son enceinte portuaire. Dans une note d’information datée du mercredi 4 novembre 2026, la Direction générale rend obligatoire, à compter de ce jeudi, le transfert progressif vers Djèffa des opérations concernant les conteneurs de 20 pieds en transit vers le Nigéria. Dans cette première phase, sont concernés les conteneurs de 20 pieds en transit vers le Nigéria dont les connaissements indiquent une destination via Igolo ou Kraké. Ces deux points de passage constituent des corridors terrestres importants pour l’acheminement des marchandises entre le Bénin et le marché nigérian.

Le transfert ne concerne toutefois pas exclusivement les conteneurs de 20 pieds. La note consultée par La Marina BJ prévoit une exception pour les conteneurs de 40 pieds figurant sur les mêmes connaissements que les conteneurs de 20 pieds visés par la mesure. Ils devront également être dépotés à Djèffa. En dehors de cette situation, les conteneurs de 40 pieds continueront temporairement d’être dépotés dans l’enceinte du Port de Cotonou.

Une réponse à des difficultés récurrentes de congestion

Le recours à Djèffa fait suite à plusieurs mesures prises depuis décembre 2025 pour accélérer le traitement des conteneurs et réduire l’encombrement des espaces portuaires. À cette période, l’autorité portuaire avait déjà déployé un plan d’urgence pour accélérer les livraisons de conteneurs sur le site de Bénin Terminal. Les dispositions portaient notamment sur l’organisation des opérations de dépotage, le suivi des conteneurs et les délais accordés aux commissionnaires agréés en douane pour procéder aux enlèvements. Le 22 janvier 2026, le PAC reconnaissait encore la présence d’un volume important de conteneurs non dépotés et annonçait de nouvelles dispositions à l’issue d’une concertation avec les acteurs concernés (Lire LMBJ du 27/01/2026). Cette succession de mesures témoigne de difficultés persistantes dans la rotation des conteneurs et la disponibilité des espaces opérationnels des terminaux.

Plus récemment, le 24 octobre 2026, les principaux acteurs de la chaîne portuaire sont passés à un fonctionnement continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cette organisation vise à accélérer les prestations et à limiter les interruptions dans le traitement des marchandises. Le transfert d’une partie des opérations de dépotage vers Djèffa vient compléter cette réorganisation en déplaçant certaines activités hors de l’enceinte portuaire.

Des capacités portuaires sous pression

Cette réorganisation intervient dans un contexte de progression de l’activité du Port de Cotonou et de modernisation de ses infrastructures. Au premier semestre 2026, le trafic global de marchandises a atteint environ 7,79 millions de tonnes, contre 6,68 millions à la même période de 2025, soit une hausse de 16,6 %. Cette progression accroît les exigences en matière de capacité de traitement, de disponibilité des espaces et de fluidité des mouvements portuaires.

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Le transfert vers Djèffa constitue ainsi une réponse opérationnelle aux contraintes d’exploitation des terminaux. Son efficacité dépendra notamment des capacités d’accueil de la plateforme et de la coordination entre les services portuaires et douaniers. Pour les transitaires, transporteurs et importateurs, les conditions d’acheminement des conteneurs vers ce nouveau site ainsi que les éventuels coûts supplémentaires liés à cette organisation seront également à surveiller.

Reste à savoir si cette nouvelle répartition des activités permettra de réduire durablement l’occupation des terminaux sans alourdir les coûts supportés par les opérateurs.

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