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Élevage extensif au Bénin : 5 880 éleveurs bientôt encadrés pour moderniser les pratiques zootechniques et sanitaires

Élevage, La Marina BJPrès de six mille éleveurs pratiquant le système extensif vont bénéficier, dans les prochains mois, d’un programme structuré d’appui technique dans les filières ovine, caprine et porcine. C’est l’une des interventions les plus directement tournées vers les producteurs de base que le Projet d’Appui au Développement des Filières Lait et Viande et à la Promotion des Entreprises d’Élevage, connu sous l’acronyme PRODEFILAV-PEL, engage en cette phase active de son exécution.

Des informations recueillies auprès de notre source bien informée, l’unité de gestion du PRODEFILAV-PEL entend confier à une structure spécialisée d’appui conseil une mission d’encadrement rapproché couvrant 2 100 éleveurs d’ovins, 3 500 éleveurs de caprins et 280 éleveurs de porcins répartis dans les communes bénéficiaires.

Un encadrement de proximité sur cinq thématiques clés

La mission attendue de la structure en phase de recrutement est à la fois pédagogique et opérationnelle. Elle consistera dans un premier temps à former les éleveurs sur des thématiques jugées essentielles à l’amélioration des performances de leurs exploitations : l’alimentation animale, la prophylaxie, la gestion du cheptel, l’adaptation au changement climatique et les conditions d’habitat. Une fois cette étape franchie, l’accompagnement se poursuivra sur le terrain, à travers un suivi continu des troupeaux permettant de mesurer les évolutions zootechniques, sanitaires et hygiéniques produites par cet encadrement. Pour les éleveurs porcins, un volet biosécurité complétera le dispositif, tenant compte des risques sanitaires spécifiques à cette espèce.

Ce n’est pas un programme de sensibilisation ponctuelle. La démarche repose sur une présence durable auprès des éleveurs, dans une logique de transfert de compétences et de changement progressif des pratiques, ce que les approches classiques de vulgarisation agricole ont longtemps peiné à assurer dans les zones rurales du Centre-Nord béninois.

Des filières sous-exploitées

La pertinence de cette intervention se mesure à l’ampleur des déficits que le secteur accumule depuis des décennies. L’élevage béninois demeure largement informel, peu structuré, peu productif et vulnérable aux chocs climatiques, sanitaires et économiques, en dépit du rôle central qu’il joue dans les moyens d’existence de millions de Béninois. Les obstacles sont multiples et bien documentés : faible productivité des races animales locales, difficultés d’accès aux intrants zootechniques et vétérinaires, coût élevé des aliments pour animaux, persistance de certaines épizooties, faible adhésion des éleveurs aux programmes de couverture vaccinale et forte dépendance vis-à-vis des aléas climatiques.

Les données de production illustrent à la fois le potentiel réel de ces filières et la marge de progression qui reste à combler. En 2023, la production de viande ovine a été évaluée à 12 865 tonnes et celle de viande caprine à 14 799 tonnes, tandis que la production porcine atteignait 11 630 tonnes, sur un total national de 108 034 tonnes toutes espèces confondues, une progression de 11 % par rapport à 2022 et de 33,3 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Des dynamiques encourageantes, portées davantage par l’extension du cheptel que par une intensification qualitative des pratiques d’élevage, qui reste insuffisante dans le système extensif.

Un projet à 17,9 milliards en fin de course

Le PRODEFILAV-PEL a été conçu pour répondre précisément à ces blocages. Financé par le Fonds Africain de Développement sur la période 2022-2026 à hauteur de 17,952 milliards de francs CFA, le projet a pour ambition d’améliorer la productivité et la profitabilité des filières lait et viande de façon durable et climato-intelligente, en mettant particulièrement l’accent sur des solutions bas-carbone et des mécanismes innovants de financement impliquant le secteur privé. Son coût total est évalué à

À quelques mois de la clôture prévue du projet, l’encadrement de près de 6 000 éleveurs extensifs constitue une étape décisive. Elle traduit la conviction, de plus en plus partagée par les acteurs du secteur, que la transformation durable de l’élevage béninois passera moins par les grandes infrastructures que par la qualité de l’accompagnement offert aux producteurs de base, ceux dont les pratiques quotidiennes, si elles évoluent, changeront en profondeur la physionomie des filières ovine, caprine et porcine au Bénin.

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