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Recherche minière au Bénin : Pourquoi plus de 2 000 échantillons restent bloqués dans les tiroirs de l’OBRGM ?

Photo illustrative échantillons géologiques

Mines, La Marina BJL’Office Béninois de Recherches Géologiques et Minières (OBRGM) fait face à un véritable goulot d’étranglement opérationnel. Alors que le pays cherche à mettre en évidence son potentiel minier, les campagnes de prospection d’or et de lithium se heurtent à une barrière invisible : l’inadaptation des procédures de la commande publique face aux réalités technologiques internationales. En savoir plus sur un blocage qui prive l’État de données stratégiques.

Dans un mémoire réalisé par l’Office Béninois de Recherches Géologiques et Minières (OBRGM), son directeur général, Monsieur Alassane Osseni Inoussa, explique que la structure dispose des ressources financières nécessaires pour mener à bien ses missions. Pourtant, sur le terrain, la machine est grippée. Selon ses déclarations, pas moins de 2 072 échantillons géologiques sont actuellement stockés, en attente d’une analyse géochimique approfondie. Ces prélèvements, essentiels pour cartographier et confirmer la présence de gisements de métaux critiques comme le lithium ou de métaux précieux comme l’or, ne peuvent pas être traités localement.

Pour obtenir des résultats certifiés, l’Office doit obligatoirement s’allier à des laboratoires étrangers ultra-spécialisés et acquérir des logiciels de pointe dont les licences sont jalousement gardées par leurs concepteurs exclusifs, sans aucun représentant sur le marché national. C’est précisément là que le bât blesse car depuis 2023, la Personne Responsable des Marchés Publics (PRMP) de l’OBRGM enchaîne les procédures administratives : appels à concurrence infructueux, tentatives de gré à gré avortées. Et pour cause, les grands laboratoires internationaux et les éditeurs de logiciels spécifiques ignorent les subtilités et les lourdeurs du Code des marchés publics béninois. Face à l’impossibilité technique de mettre en concurrence des outils sous licences exclusives, les procédures classiques de l’État se révèlent être des impasses.

Le recours à l’autorité de régulation

Selon nos informations, devant l’urgence de la situation et le risque de voir des campagnes entières de prospection minière définitivement compromises, la Direction générale de l’OBRGM a tenté une démarche décisive en portant l’affaire devant l’Autorité de Régulation des Marchés Publics du Bénin (ARMP). L’objectif était d’obtenir une dérogation spéciale pour s’affranchir des règles standards de mise en concurrence et contracter directement avec les prestataires technologiques requis. Mais le dénouement n’a pas été celui espéré dans l’immédiat.

Selon la décision rendue le 12 juin 2026 par l’instance de régulation et consultée par La Marina BJ, le Conseil de régulation s’est déclaré incompétent pour accorder une telle dispense. Si l’ARMP reconnaît le bien-fondé technique des arguments de l’OBRGM, confirmant que l’exclusivité des licences et l’absence de revente entrent parfaitement dans les critères légaux du gré à gré, elle rappelle que le pouvoir d’autorisation n’est pas de son ressort. En vertu des textes en vigueur, seuls deux organes ont la compétence juridique pour valider une telle procédure : la Direction Nationale de Contrôle des Marchés Publics (DNCMP) ou, en dernier ressort, le Conseil des ministres.

Pour libérer les 2 072 échantillons qui dorment dans ses tiroirs et relancer la recherche minière nationale, l’OBRGM sait désormais ce qu’il lui reste à faire, porter le dossier directement sur la table de l’Exécutif en passant par le tout nouveau ministre des Mines, Édouard Dahomé. À l’instar d’autres grands projets stratégiques de l’État, seule une dérogation exceptionnelle accordée en Conseil des ministres permettra de contourner ce verrou bureaucratique. À suivre.

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