Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà
Votre portail vers l'information stratégique au Bénin, en Afrique et au-delà

Projet COSO : la Banque mondiale débloque 163 millions $ pour le Bénin et deux de ses voisins

Financement, La Marina BJ Face à l’intensification des menaces sécuritaires et climatiques qui ébranlent le nord du golfe de Guinée, l’institution de Washington vient de valider une rallonge budgétaire massive. Selon nos informations, il s’agit d’un financement destiné à consolider les infrastructures de base et à stimuler l’emploi transfrontalier.

L’annonce, actée le 25 juin depuis le siège du Groupe de la Banque mondiale à Washington, marque un tournant dans la stratégie de stabilisation de la sous-région. Une enveloppe de 163 millions de dollars de financement additionnel vient d’être approuvée pour étendre les opérations du Projet de cohésion sociale (COSO). Ce programme d’envergure cible trois pays interconnectés par leurs frontières septentrionales : le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo. L’objectif de cette injection de capitaux est de renforcer la résilience communautaire, optimiser l’accès aux services publics et ouvrir des perspectives économiques directes pour les populations vulnérables exposées aux conflits locaux, aux aléas climatiques et aux flux de déplacements forcés.

Le bilan d’étape du programme COSO

Si le projet englobe trois pays côtiers, le Nord-Bénin fait face à des indicateurs particulièrement préoccupants. Les données compilées par l’organisation internationale ACLED pour la période allant du 1er janvier 2024 au 14 mars 2026 illustrent la gravité de la situation puisque le département de l’Alibori concentre à lui seul 536 victimes d’actes d’insécurité, suivi par l’Atacora avec 108 victimes et le Borgou avec 25 victimes. L’année 2025 s’est distinguée par une létalité accrue lors des incursions de groupes armés. Selon les analyses du Timbuktu Institute, la bande frontalière septentrionale du Bénin a enregistré une hausse de 86 % des attaques et une augmentation de 262 % du nombre de décès en l’espace d’un an, positionnant le pays en première ligne de la poussée jihadiste dans le golfe de Guinée.

Les infrastructures militaires et civiles subissent le contrecoup direct de cette instabilité. Les Forces armées béninoises ont essuyé des pertes majeures en 2025, notamment lors de l’attaque d’une base fortifiée dans l’Alibori en janvier où 28 soldats ont été tués, et lors d’une embuscade d’envergure dans le Parc national W en avril qui a vu au moins 54 militaires tomber. Sur le plan humanitaire, l’Organisation internationale des migrations recensait près de 40 000 déplacés internes à la fin de l’année 2025, principalement concentrés dans les communes de Cobly, Karimama et Kérou. L’usage récurrent d’engins explosifs improvisés restreint l’accès des civils aux marchés et aux terres agricoles, tandis que l’insécurité a provoqué la fermeture de nombreuses structures scolaires dans l’Atacora et l’Alibori.

C’est pour faire barrage à cet effondrement socio-économique que le mécanisme du COSO est déployé. Depuis son ancrage opérationnel en 2022, le programme démontre l’efficacité du développement local conduit par les bénéficiaires eux-mêmes. Au niveau national, le bilan consolidé fait état de 595 sous-projets communautaires achevés au Bénin, au bénéfice direct de plus de 679 000 personnes, incluant les populations d’accueil et les réfugiés. Les investissements se concentrent sur des secteurs névralgiques comme les réseaux d’eau potable, l’éducation, les infrastructures sanitaires, l’agriculture et la dynamisation des marchés locaux. À l’échelle macro-régionale qui regroupe le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Togo, l’impact cumulé du COSO se traduit par un accès amélioré aux services de base pour 3,7 millions de personnes et la création de plus de 82 000 emplois, ciblant prioritairement les jeunes et les femmes.

Des cibles quantifiées pour le nouveau financement

La rallonge de 163 millions de dollars doit permettre au programme de changer d’échelle à travers des indicateurs de performance très précis. Ce nouveau déploiement budgétaire vise à impacter 1,9 million de bénéficiaires supplémentaires et permettra de financer plus de 2 200 nouveaux sous-projets communautaires. Sur le plan de l’emploi, le programme va générer environ 52 000 emplois directs pour les jeunes et les femmes, tout en ouvrant des opportunités de croissance pour plus de 600 entreprises locales de la région.

⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.

Cette priorité absolue accordée à l’insertion économique des jeunes répond à un impératif de sécurité préventive. Comme le soulignent les rapports du Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, les réseaux d’insécurité exploitent systématiquement les vulnérabilités structurelles transfrontalières, notamment la pauvreté, le chômage et les conflits d’accès aux ressources naturelles, pour mener leurs campagnes de recrutement. Le volet socio-économique du COSO agit ainsi en complément direct des réponses militaires du gouvernement.

Pour le nouveau régime du président Romuald Wadagni, la mise en œuvre de ce financement additionnel constitue un premier jalon opérationnel d’importance. L’enjeu majeur ne réside pas dans la disponibilité des fonds, mais dans la capacité logistique à exécuter les projets dans des zones géographiques où les contraintes sécuritaires restreignent parfois les mouvements des équipes techniques. La fluidité de la coordination interministérielle sera l’un des facteurs déterminants du succès. L’articulation entre les ministères en charge du développement sectoriel, les autorités préfectorales du Nord et les forces de sécurité engagées sur le terrain sera indispensable pour s’assurer que les flux financiers se transforment rapidement en infrastructures tangibles pour les populations des zones frontalières.

En réaffirmant son soutien, la Banque mondiale valide une doctrine claire, formalisée par son directeur des programmes régionaux pour l’Afrique, Nathan Belete, qui estime que la stabilité durable du golfe de Guinée dépend de la capacité des États à transformer leurs périphéries vulnérables en pôles d’inclusion économique. Le COSO s’impose désormais comme le pivot de cette stratégie.

Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.

Partager cet article
Lien partageable
Précédent

BRVM HEBDO : Porté par l’euphorie régionale, le bloc bancaire béninois conforte ses positions

Suivant

La com de la Poste du Bénin échappe à AG PARTNERS AFRICA au profit de CO INTERNATIONAL

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire article suivant