Gouvernance, La Marina BJ – Avec l’appui de la Banque mondiale, le ministère de l’Économie et des Finances veut passer sa gouvernance au scanner à travers l’élaboration d’une cartographie exhaustive de ses vulnérabilités institutionnelles. Un chantier de six mois qui débute d’ici quelques semaines illustrant la volonté de l’exécutif de verrouiller le contrôle de ses finances et de rassurer davantage les partenaires internationaux.
La gestion rigoureuse de l’État s’impose comme le mot d’ordre du gouvernement béninois. Dans sa quête permanente d’efficacité et de transparence, le gouvernement progresse en s’attaquant aux vulnérabilités du cœur même de son appareil financier. Selon nos informations, le ministère de l’Économie et des Finances se prépare en effet à passer sa gouvernance au scanner en initiant la réalisation d’une cartographie exhaustive de ses risques institutionnels. Ce chantier stratégique, dont la conduite sera confiée à un cabinet spécialisé pour une durée de six mois, dispose d’un budget prévisionnel alloué de 50,8 millions de FCFA. Cet investissement ciblé vise à identifier, évaluer et hiérarchiser l’ensemble des facteurs de fragilité pouvant compromettre la gestion des fonds publics. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de Gouvernance Économique pour la Délivrance des Services, plus connu sous le label « Gouvernance+ » soutenu techniquement et financièrement par la Banque mondiale, à travers l’Association Internationale de Développement.
Un plan d’action au-delà du simple audit
L’ambition affichée dépasse largement le cadre formel d’un simple audit de conformité. L’exécutif veut concevoir un plan d’actions opérationnel capable de muscler le contrôle interne, de déployer des indicateurs de risques pour un pilotage managérial en temps réel, et surtout d’ancrer une culture de vigilance proactive chez les agents de l’administration. L’enjeu clé réside dans le transfert de compétences méthodologiques pour que ces outils de contrôle s’auto-entretiennent bien au-delà de la mission du cabinet.
Cette offensive pour sanctuariser les deniers publics n’est pas un fait isolé, mais l’aboutissement d’une trajectoire réformatrice amorcée dès 2018. Les décrets fondateurs de l’époque avaient réorganisé les corps de contrôle et posé le Cadre de référence de l’audit interne de l’État. Cette architecture a été renforcée par la suite avec l’institutionnalisation, au sein de chaque département ministériel, d’un Comité ministériel d’audit interne et d’un Comité ministériel de maîtrise des risques. Après une phase pilote concluante et son extension progressive à l’ensemble de l’administration publique, c’est au tour du ministère des Finances de parachever ce déploiement national.
Récemment, d’autres institutions de premier plan ont suivi une dynamique similaire, à l’image de l’Assemblée nationale qui a finalisé sa propre cartographie avec l’appui de l’Inspection Générale des Finances. Toutefois, la sensibilité technique des missions du ministère, qui englobent la mobilisation des recettes, la gestion de la dette souveraine et la régulation budgétaire, exige ici un niveau de granularité particulièrement pointu.
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Un gage de crédibilité face aux bailleurs de fonds
Le choix de sanctuariser la gestion financière de l’État répond également à un impératif de crédibilité internationale. Le Bénin s’est forgé une solide réputation en matière de transparence budgétaire, régulièrement saluée par des instances indépendantes comme l’International Budget Partnership.
Maintenir cette pole position exige une exemplarité technique irréprochable et une mise en adéquation constante des pratiques avec les standards mondiaux. De plus, l’année coïncide avec des consultations stratégiques élargies pour le nouveau Cadre de partenariat avec la Banque mondiale. Dans ce contexte de renouvellement des priorités de développement, la robustesse des institutions financières centrales devient un argument de poids face aux bailleurs de fonds. Pour l’exécutif, l’objectif final est limpide, à savoir faire de la maîtrise des risques un levier de performance macroéconomique, garantissant que chaque franc public investi réponde efficacement aux ambitions de développement du pays.
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