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Activité fiduciaire : Le Bénin conserve sa 5e place dans l’UEMOA, mais pointe un risque de stagnation

Flux monétaires, La Marina BJPendant que la circulation des billets et pièces s’accélère à l’échelle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (+11,7% en 2025), le Bénin affiche une trajectoire singulière marquée par la quasi-stagnation de ses retraits et une baisse marquée de ses versements à la BCEAO. En savoir plus d’une divergence monétaire aux enjeux stratégiques.

Si le cash conserve sa couronne à l’échelle de la zone UEMOA, tous les moteurs régionaux ne tournent pas au même régime. Le dernier rapport annuel de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) révèle une activité fiduciaire globale en forte expansion. En 2025, le cumul des retraits et versements de billets et pièces effectués aux guichets de l’institut d’émission par les banques commerciales et le public s’est hissé à 55.093,7 milliards de FCFA, contre 49.302,7 milliards un an plus tôt, soit un bond de 11,7%.

Dans cette dynamique sous-régionale portée par le trio de tête composé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Burkina Faso, qui concentre à lui seul plus de 70% des flux, le Bénin maintient sa position d’économie fiduciaire médiane. Avec un volume global de 4.112,9 milliards de FCFA manipulés aux guichets de la Banque centrale, le pays préserve sa 5e place et suit de très près le Togo qui enregistre 4.083,0 milliards de FCFA. La Côte d’Ivoire domine très largement le marché fiduciaire régional avec un total de 20.705,1 milliards de FCFA de mouvements, soit environ 37,6% de l’Union, suivie du Sénégal avec 9.704,7 milliards de FCFA, du Burkina Faso avec 8.605,7 milliards de FCFA et du Mali avec 5.750,8 milliards de FCFA.

Le Bénin pèse ainsi pour environ 7,5% du marché fiduciaire global, devançant le Togo, le Niger avec 1.367,5 milliards de FCFA et la Guinée-Bissau qui ferme la marche avec 764,1 milliards de FCFA. Mais au-delà de ce maintien au classement, le décryptage fin des flux nets révèle une réelle divergence entre la dynamique béninoise et celle du reste de l’Union.

La singularité béninoise

Là où l’ensemble des pays de la zone enregistre un boom des tirages de billets, marqué par une hausse de 12,8% pour les prélèvements de billets à l’échelle communautaire, le Bénin fait du surplace. Les retraits totaux de billets et pièces y sont passés de 2.024,9 milliards FCFA en 2024 à 2.051,1 milliards FCFA en 2025, soit une modeste progression de 1,3%. À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire avec une hausse de 18,1% et le Mali avec une progression de 14,5% ont vu leurs prélèvements physiques s’envoler. C’est toutefois sur le volet des dépôts que le signal d’alarme éditorial et analytique se pose le plus nettement. Alors que la moyenne régionale des versements en billets s’est accrue de 10,6%, poussée par des bonds spectaculaires au Mali avec 30,3%, en Côte d’Ivoire avec 18,5% ou au Niger avec 15,1%, le Bénin s’inscrit dans un net reflux. Les versements aux guichets de l’agence nationale de la BCEAO ont chuté de 5,2%, passant de 2.175,6 milliards de FCFA en 2024 à 2.061,8 milliards de FCFA en 2025. Le pays ressort ainsi en quasi-équilibre strict entre ce qu’il prélève, avec 2.049,9 milliards en billets, et ce qu’il dépose, avec 2.061,5 milliards, ne dégageant qu’un minuscule solde net créditeur de 1,16 milliard de FCFA.

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Pour expliquer ce ralentissement des flux physiques dans une économie béninoise pourtant portée par une croissance dynamique, trois facteurs complémentaires structurent ce phénomène selon les hypothèses du cabinet WE Connector pour La Marina BJ. Premièrement, on observe une asphyxie progressive du cash par le Mobile Money et l’interopérabilité, car le Bénin figure parmi les marchés de la sous-région où la numérisation des paiements de détail est la plus agressive, l’essor accéléré du paiement mobile et le déploiement des infrastructures de transferts instantanés captant une part grandissante des flux du quotidien. Deuxièmement, les banques commerciales locales procèdent à une optimisation de leurs trésoreries en gérant de plus en plus leurs besoins de liquidités en circuit fermé, compensant en interne leurs encaisses sans solliciter systématiquement les guichets centraux pour déposer leurs surplus. Troisièmement, le déclin irréversible de la monnaie divisionnaire se confirme puisque les pièces de monnaie ne représentent plus que 0,06% des retraits, soit 1,2 milliard FCFA, et 0,01% des versements, soit 0,3 milliard FCFA au Bénin, ce rejet quasi total des pièces reflétant non seulement l’impact de l’inflation historique sur les petites coupures, mais montrant aussi que les micro-paiements ont largement basculé vers le digital ou la pratique de l’arrondi.

En résumé, si le Bénin demeure solidement installé à la 5e place du paysage monétaire de l’UEMOA, le ralentissement net de sa circulation fiduciaire physique aux guichets centraux indique qu’une transition structurelle est à l’œuvre, et il reste à déterminer si ce recul des liquidités physiques traduit une maturité numérique avant-gardiste ou un timide essoufflement des flux bancaires traditionnels.

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