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GDIZ Bénin : Comment le futur laboratoire de vitroplants compte alimenter les usines de transformation

Industrie, La Marina BJAutorisée en Conseil des ministres en mai 2024 et financée via le PACOFIDE de la Banque mondiale, l’installation d’un laboratoire de micropropagation in vitro de 10 hectares au cœur de Glo-Djigbé vise à sécuriser l’approvisionnement des usines de transformation du Bénin. Documents d’étude d’impact et rapports de supervision à l’appui, décryptage d’un projet qui vise moins à faire pousser des plants qu’à sécuriser, en amont, l’approvisionnement des usines de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé.

Le modèle d’intégration de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) repose sur une condition sine qua non : la garantie d’un approvisionnement continu, calibré et phytosanitairement conforme en matières premières agricoles. Dans la filière ananas, fréquemment citée parmi les principales cultures d’exportation du pays aux côtés du coton et du cajou, la précarité des rendements traditionnels constitue un obstacle majeur. L’utilisation historique de rejets prélevés en champ entraîne une forte hétérogénéité des calibres, un étalement incontrôlé des récoltes et une vulnérabilité chronique aux maladies parasites.

Pour rompre avec cette instabilité qui bride la capacité des unités de transformation locales, le gouvernement béninois a donné son feu vert en Conseil des ministres le 8 mai 2024 pour le déploiement d’une unité industrielle de production de matériel végétal haute performance. Ce chantier stratégique, financé sous la houlette du Ministère de l’Économie et des Finances à travers le Projet d’Appui à la Compétitivité des Filières Agricoles et à la Diversification des Exportations (PACOFIDE), a vu sa contractualisation opérationnelle finalisée en 2025 avec l’opérateur international Teximass Singapore PTE Ltd.

Une ingénierie de pointe sur 10 hectares à Zè

D’après le document d’Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) simplifiée finalisé en avril 2025 par le cabinet spécialisé ENVIDEV-CONSULT et rendu public le 13 juillet 2026, le projet déploie une infrastructure de haute précision sur une superficie de 10 hectares située dans le secteur de développement progressif de la GDIZ, sur la commune de Zè. L’aménagement technologique s’articule autour d’un Laboratoire de culture tissulaire de 2 500 m² équipé d’autoclaves pré et post-stérilisation, de hottes à flux laminaire et de sept chambres de croissance à atmosphère rigoureusement contrôlée. Il est complété par trois serres d’acclimatation Fan-Pad de 15 876 m², soit 5 292 m² chacune, destinées au sevrage thermique et hygrométrique des jeunes plants. En aval, une ombrière à filet et quatre zones de stockage s’étendant sur plus de 80 000 m² assurent le durcissement final des plantules avant leur distribution aux exploitations.

L’ensemble du complexe est dimensionné pour délivrer une capacité nominale annuelle de 13,5 millions de vitroplants. La production sera très majoritairement orientée vers l’ananas avec 12 millions de plantules réparties entre les variétés Pain de sucre et Cayenne lisse. Le reliquat sera consacré à la banane pour 1 million de plants regroupant les variétés G9/Cavendish, Big Banga et Sotoumon, ainsi qu’au manioc pour 500 000 plants sélectionnés pour leur résistance aux viroses.

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Sauvegardes environnementales et vigilances de terrain

L’ambition du dispositif dépasse les frontières strictes du laboratoire de la GDIZ. Les données de supervision des bailleurs de fonds et du projet révèlent que les vitroplants produits seront déployés en amont sur une ferme élite de 1 000 hectares aménagée sur l’ancien site réservé au projet d’aéroport de Glo-Djigbé. Ce maillon intermédiaire servira de multiplicateur et de vitrine technologique pour garantir l’homogénéité du matériel végétal avant son adoption par les réseaux de producteurs sous contrat. Selon nos informations, l’introduction de ce matériel génétique cloné vise à résoudre l’équation du rendement usinier. D’une part, la synchronisation de la croissance permet de programmer avec précision les dates de récolte et d’éviter les ruptures de chaîne. D’autre part, la garantie sanitaire d’un plant exempt de nématodes et la régularité des calibres réduisent le taux de rejet à la réception des usines de séchage et de jus, optimisant ainsi les coûts de pressage et de conditionnement pour les marchés régionaux et internationaux.

Classé en Catégorie B selon les normes de la Banque mondiale et la réglementation béninoise, le projet s’accompagne d’un Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) dont le budget global s’élève à 64 662 906 FCFA. Ces fonds couvrent en premier lieu le volet écologique à travers la prise en charge d’un programme de reboisement compensatoire de 955 arbres sur trois ans à Zè pour pallier le défrichement initial de 191 pieds sur les 10 hectares attribués, ainsi que la mise en place de protocoles stricts d’élimination des réactifs chimiques dangereux issus du laboratoire de stérilisation. En outre, sur le volet social, l’EIES et les documents de suivi du projet mettent en lumière la nécessité d’une vigilance accrue quant à l’indemnisation et au suivi des moyens de subsistance des occupants du site, recensés entre 12 et 14 personnes selon les versions d’évaluation.

Alors que les calendriers initiaux et les rapports de supervision font état de défis dans la livraison des premières sessions de vitroplants, la concrétisation sur le terrain de ce pôle biotechnologique reste le test grandeur nature de la maturité agro-industrielle béninoise.

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