Décentralisation, La Marina BJ— Alors que le système de financement des collectivités locales béninoises amorce sa mutation institutionnelle, l’école publique s’impose comme le chantier prioritaire de l’action locale. Au cours du premier semestre 2026, dix-sept lignes budgétaires consacrées à la modernisation du parc scolaire ont reçu l’aval de l’autorité nationale compétente pour enclencher les formalités administratives en vue du lancement de divers chantiers dans treize communes réparties sur neuf départements.
Selon nos informations, cette dynamique financière représente un montant global de plus de 1,737 milliard de francs CFA. Entre constructions neuves, réhabilitations en urgence et équipements de salles de classe, ce déploiement massif de s’opèrait au moment précis où le mécanisme historique du Fonds d’appui au développement des communes laissait la place au nouveau Fonds d’investissement communal. L’analyse de ces orientations budgétaires révèle la volonté constante du gouvernement béninois de résorber les déficits d’infrastructures d’accueil et d’équipements pour le premier et le second degré.
L’effort soutenu des grands centres urbains
Au sein de la hiérarchie des dépenses, les principales agglomérations du pays captent une part prépondérante des investissements engagés, illustrant la forte pression démographique et les défis structurels propres à ces zones à forte densité. En tête des dotations, la capitale administrative Porto-Novo, commune à statut particulier, bénéficie de 231,81 millions de francs CFA pour la réfection de salles de classe dans plusieurs écoles maternelles, primaires, CEG et lycées de la ville, ainsi que pour la construction partielle d’un module de cinq classes en toiture légère au CEG Anavié, la clôture de l’EPP Ouinlinda et la réhabilitation des bibliothèques des EPP Kandévié et Ouinlinda.
Dans l’Atlantique, la commune d’Abomey-Calavi, grand centre urbain à forte croissance, oriente la totalité de son enveloppe obtenue de 169,49 millions de francs CFA vers la résorption du déficit de mobilier à travers l’acquisition de 3 500 tables-bancs au profit de ses établissements scolaires. Toujours dans l’Atlantique, la ville de Ouidah mobilise 166,66 millions de francs CFA pour la sécurisation des enceintes scolaires par la construction de clôtures aux EPP Savi-Houéton, Hounhanmèdé, Le Brésil, Ganvié, ainsi qu’aux CEG Ahozon et Gakpé. Dans le Littoral, Cotonou, autre commune à statut particulier, reçoit 156 millions de francs CFA consacré à de grands travaux de reconstruction au CEG Les Pylônes et au CEG Le Littoral, incluant l’aménagement du terrain de sport. Bien qu’aucune ligne dédiée aux infrastructures scolaires n’ait été enregistrée pour Parakou — troisième commune à statut particulier du pays — au cours de ce recensement semestriel strict, la dynamique observée dans les autres grands centres urbains confirme la priorité accordée à la modernisation des réseaux éducatifs de haute densité.
Autres mobilisations ciblées
Dans les autres collectivités territoriales concernées, l’effort financier se répartit de manière pragmatique selon les besoins spécifiques de chaque territoire rural ou semi-urbain. Dans le Borgou, la mairie de Tchaourou obtient 181,77 millions de francs CFA pour la construction de quatre modules de trois classes équipés avec latrines aux EPP Kassouala, Nadiou Gah, Park 6/Kpassa et Garadima Boudo, la réalisation de deux modules de deux classes aux écoles maternelles d’Alafiarou centre et de Tchaourou, ainsi que la réhabilitation de trois modules aux EPP Kaki-Koka, Gbabè et Guinirou. Dans la Donga, la commune de Bassila reçoit 174,57 millions de francs CFA répartis sur deux enveloppes pour ériger un bâtiment en R+1 de six classes à l’EPP Centre, deux modules de trois classes aux EPP Abila et Tibokponta, et la clôture de l’EPP Quartier couplée à la sécurisation de l’orphelinat communal.Enfin, le département de l’Alibori regroupe trois communes bénéficiaires. Ségbana avec 67,16 millions de francs CFA pour l’acquisition de tables-bancs bicolores en bois d’acajou pour plusieurs EPP, Karimama avec une enveloppe de 63,07 millions de francs CFA pour de module de classes, au bloc sanitaire et à l’aire de jeux de l’école maternelle Karimama 1, tandis que Banikoara alloue ses 43,41 millions de francs CFA à l’achèvement d’un module de trois classes à l’EPP Gaani.
Dans le Zou, la commune de Djidja bénéficie de 134,11 millions de francs CFA combinant la construction de classes, la fourniture de 400 tables-bancs, ainsi que l’aménagement de 51 foyers améliorés et 5 cuisines pour cantines scolaires. Dans le Plateau, la ville de Kétou devrait investir ses 131,35 millions de francs CFA pour trois modules de classes avec rampes d’accès aux EPP Sodji, Laféwa et Affassiko, la clôture de l’école Centre et la réfection du dallage à l’EPP Kpankou Centre. Dans l’Ouémé, la mairie de Sèmè-Podji obtient 123,72 millions de francs CFA destiné à la construction et à l’équipement de modules dans cinq écoles maternelles. Dans le Mono, Grand-Popo obtient 94,35 millions de francs CFA sur deux enveloppes pour la réhabilitation de classes aux EPP Hilla-Condji, Kouèta, Adjaha, Gbéhoué-Pédah, un bloc de latrines à l’EPP Gbédji, une classe à l’EM Kpovidji et la clôture de l’EPP Sazuè.
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La transition FADeC-FIC
Ces arbitrages financiers interviennaient dans un contexte juridique d’exception, marqué par le passage de témoin entre le Fonds d’appui au développement des communes (FADeC) et le nouveau Fonds d’investissement communal (FIC). Institué par décret en septembre 2025 pour moderniser le financement des collectivités territoriales, le FIC a vu sa structure opérationnelle se mettre rapidement en place au cours du premier semestre 2026, à travers la nomination de sa direction générale en mars puis l’installation de son conseil d’administration en avril.
Ce redéploiement institutionnel s’accompagne toutefois d’une reconfiguration des flux budgétaires de l’État. Bien que la loi de finances 2026 affiche une progression globale des transferts vers les communes, la composante non affectée du fonds connaît un repli relatif. Or, c’est précisément sur cette tranche libre de destination que les exécutifs communaux prélèvent les ressources nécessaires pour financer les extensions d’écoles ou l’achat de mobilier. La validation de ces dix-sept dossiers témoigne ainsi de la volonté ferme du gouvernement de préserver l’effort éducatif malgré un cadre budgétaire direct plus resserré.
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