Électricité, La Marina BJ — Si le Projet d’Élargissement de l’Accès à l’Électricité au Bénin (BEAS) enregistre des avancées décisives en matière de branchements individuels et sociaux, le déploiement des grandes infrastructures de distribution accuse un retard technique. Selon nos informations, afin de mener à terme la construction du réseau lourd et de sécuriser l’approvisionnement électrique national, le gouvernement béninois engageait des démarches auprès de la Banque mondiale pour obtenir une extension de 20 mois du calendrier d’exécution.
Alors que la date de clôture initiale du projet BEAS est fixée au 31 décembre 2026, La Banque mondiale a précisé, dans son dernier rapport d’avancement daté du 24 juin 2026, la demande formulée par le gouvernement béninois de reporter de vingt mois la clôture du projet BEAS. Financée par un crédit de 200 millions de dollars US de la Banque mondiale (ajusté à 187,79 millions USD), cette initiative phare vise l’accès universel à l’énergie. Si le volet social et le raccordement de proximité affichent des bilans très satisfaisants, les contraintes de démarrage sur les chantiers de génie civil imposent aujourd’hui un réajustement du calendrier opérationnel.
Sur le plan des accès directs, les résultats dépassent les attentes initiales. À la fin du premier trimestre 2026, le projet comptabilisait 146 654 ménages raccordés au réseau électrique sur une cible globale de 150 000, soit un taux d’exécution de 97,8 %. Ces raccordements offrent un service nouveau ou amélioré à plus de 762 606 personnes. Le tissu économique local en tire un bénéfice direct avec la connexion de 2 789 petites et moyennes entreprises — dépassant largement l’objectif initial de 1 000 PME —, dont plus de 23 % sont dirigées par des femmes. À cela s’ajoutent 556 infrastructures publiques (écoles, centres de santé, administrations) et près de 20 000 lampadaires LED déployés pour l’éclairage public.
Le défi des infrastructures lourdes et du génie civil
Le contraste reste toutefois marqué avec le chantier des infrastructures lourdes de la Composante 1. Ce volet prévoit la construction et la réhabilitation de 1 600 kilomètres de lignes moyenne tension (MT), 4 000 kilomètres de lignes basse tension (BT) et l’installation de 80 000 kVA de capacité de transformation. Bien que les six grands contrats relatifs à ces travaux soient signés et en cours d’exécution, aucun tronçon n’a encore été mis en service. Selon les rapports d’étape, seuls deux contrats pourront être achevés avant l’échéance de décembre 2026. Ce retard s’explique principalement par l’absence d’études de faisabilité et d’impact environnemental et social finalisées lors du lancement effectif des opérations.
Face à ces contraintes, l’instruction de la demande d’extension de 20 mois soumise par les autorités béninoises est en cours de finalisation par l’institution financière à la date du rapport. En parallèle, une restructuration du portefeuille est engagée : les ressources non décaissées de la Composante 2 (dédiée aux réformes réglementaires), freinées par des exigences documentaires insuffisantes sur les dépenses éligibles, seront réallouées vers les Composantes 1 et 3, tandis que le suivi des indicateurs et activités restants de la réforme réglementaire sera transféré à la Composante 3. Avec un taux d’engagement financier de 91 % et un taux de décaissement de 54,28 % à fin mai 2026, cette rallonge calendaire doit permettre de finaliser l’ensemble des réseaux de transport et de sécuriser durablement la distribution électrique à l’échelle nationale.
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L’arbitrage de la Banque mondiale sur cette demande d’extension, dira si le calendrier révisé à l’horizon 2028 suffira à combler l’écart entre la promesse des raccordements et la réalité du réseau qui doit les porter.
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