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Diplomatie : à Cotonou, la Suisse opte à nouveau pour un ambassadeur non résident

Diplomatie, La Marina BJAprès quatre ans de mission, l’ambassadrice suisse Simone Giger a récemment fait ses adieux officiels aux autorités béninoises. Sa succession, confiée au diplomate Thomas Oertle, confirme un choix constant de Berne : représenter ses intérêts au Bénin depuis Accra plutôt que depuis Cotonou.

C’est un ballet diplomatique sobre qui s’est joué en juin dernier au ministère des Affaires étrangères. Simone Giger, ambassadrice de la Confédération suisse près le Bénin, est venue faire ses adieux à la ministre Corinne Amori Brunet, au terme d’une mission de quatre ans. Une rencontre ayant permis aux deux parties de dresser le bilan d’une coopération vieille de plus de quarante ans, articulée autour de la gouvernance, de la cohésion sociale, de l’emploi et de la formation des jeunes, ainsi que de la résilience climatique — et de réaffirmer leur volonté d’en poursuivre le fil. Cette page qui se tourne en dit long, en creux, sur la nature de la représentation helvétique au Bénin : Simone Giger n’a jamais résidé à Cotonou. Accréditée officiellement en juillet 2023, elle exerçait sa mission depuis Accra, où se trouve le siège de l’ambassade de Suisse pour un ensemble couvrant le Ghana, le Bénin et le Togo.

Un successeur au profil scientifique

Le nom de celui qui doit lui succéder est définitivement acté le vendredi dernier et suivant les instructions de la note du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), du 15 octobre 2025. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN l’ambassade de Suisse à Accra a annoncé, le 14 août 2026, la nomination du Dr Thomas Oertle comme ambassadeur désigné auprès du Ghana, du Bénin et du Togo avec, sans surprise, une résidence maintenue à Accra. Le nouveau chef de mission présente un parcours diplomatique dense. Il a dirigé la représentation suisse à Mascate, où il couvrait le Sultanat d’Oman et la République du Yémen. Il a également été chef régional de la Coopération internationale suisse pour la Corne de l’Afrique, basé à Nairobi, avec l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie dans son portefeuille. Par ailleurs, il a dirigé la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Direction du développement et de la coopération (DDC) à Berne, avant d’occuper les fonctions de chef de mission adjoint puis de chargé d’affaires à l’ambassade de Suisse à Damas, en charge de la Syrie et de l’Irak.

Particularité pour un diplomate de carrière : avant de rejoindre le corps diplomatique, Thomas Oertle s’est formé aux sciences naturelles, décrochant un doctorat en biologie moléculaire et neurosciences délivré conjointement par l’EPF de Zurich et le Neuroscience Center Zurich. L’ambassade du côté d’Accra a précisé que les relations avec les trois pays d’accueil couvrent le dialogue politique, le commerce et l’investissement, la coopération économique, l’action climatique, la paix et la sécurité, ainsi que des échanges institutionnels et interpersonnels croissants.

Pas une rétrogradation

Le choix de Berne de ne pas ouvrir d’ambassade de plein exercice à Cotonou n’a rien d’une nouveauté ni d’un désaveu selon notre spécialiste à la rédaction, mais s’inscrit dans l’architecture diplomatique suisse au Bénin depuis plusieurs décennies. Pour ce dernier, le Bénin est un partenaire prioritaire de la coopération suisse depuis le début des années 1980 ; un Bureau de la coopération suisse y est actif à Cotonou depuis plus de quarante ans, sous la double casquette de Bureau de la coopération DDC et d’Agence consulaire. Il pilote sur place les programmes de développement — gouvernance et paix, économie et renforcement des compétences —, avec une priorité historique donnée aux départements du nord du pays, Borgou et Alibori, avant une extension aux poches de vulnérabilité ailleurs sur le territoire, et assure un premier niveau de soutien consulaire aux ressortissants suisses.

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Mais la compétence diplomatique et consulaire pleine et entière à savoir visas, section économique, reste rattachée à l’ambassade d’Accra, dont le Bénin constitue une circonscription consulaire. Autrement dit, la présence suisse au Bénin repose sur un dispositif à deux étages, une coopération au développement solidement implantée à Cotonou depuis plus de quarante ans, coiffée par une représentation diplomatique itinérante depuis le Ghana. Le passage de témoin entre Simone Giger et Thomas Oertle ne change rien à cette organisation : il la reconduit.

Reste maintenant à observer le calendrier de la suite. Avant la présentation formelle de ses lettres de créance au président de la République, SEM Romuald Wadagni, l’ambassadeur désigné Thomas Oertle devrait, selon l’usage protocolaire suivi par ses prédécesseurs, procéder à la remise des copies figurées de ses lettres de créance à la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet. Cette étape lui permettra d’entamer officiellement sa mission diplomatique en tant que représentant de la Suisse près le Bénin, et de se familiariser avec le paysage institutionnel local.

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