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Pour son volet agrobusiness au Bénin, la fondation suisse GAIN revendique la mobilisation de 150 PME

Nutrition, La Marina BJ À l’heure du bilan de ses trois années d’intervention au Bénin, la Global Alliance for Improved Nutrition (GAIN) met en avant la structuration d’un écosystème économique favorable à la sécurité alimentaire. En plaçant le secteur privé au cœur de sa stratégie, l’organisation internationale affiche l’engagement formel de plus de 150 petites et moyennes entreprises agroalimentaires pour accroître l’offre d’aliments sains et fortifiés dans le pays. Décryptage.

Après 36 mois de déploiement sur le terrain, GAIN dresse le bilan de sa contribution à la transformation des systèmes alimentaires au Bénin. Travaillant de concert avec le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) ainsi que divers partenaires techniques et financiers, l’organisation s’est appuyée sur quatre programmes stratégiques pour répondre aux défis de la sous-nutrition. Parmi ces axes, l’implication du tissu économique local émerge comme le véritable levier d’entraînement de sa politique, combinant appui aux PME, mise aux normes industrielles et ancrage dans la gouvernance locale.

Le volet agrobusiness, porté principalement par le SUN Business Network (SBN) et le programme CASCADE, constitue l’un des résultats phares mis en avant par l’alliance. Selon les données rapportées par notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN, plus de 150 entreprises agroalimentaires locales se sont formellement engagées sur des objectifs dits « SMART » pour améliorer la qualité nutritionnelle de leur production. Pour faciliter leur accès aux marchés, 14 nouveaux partenariats d’affaires, dont 9 conclus strictement entre acteurs privés, ont été scellés lors du Mark’Ethic Access to Market Forum. Cette dynamique s’accompagne d’un soutien direct à l’innovation, illustré par la distinction de six entreprises locales, dont l’attribution du 2eme prix lors du Hackathon Alimenthon 2026.

Sur le plan de l’industrialisation et des filières prioritaires, l’intervention s’est traduite par la production de 1 980 tonnes métriques d’huile adéquatement fortifiée par la Société Huilerie du Bénin (SHB) en 2025, permettant d’atteindre 1,2 million d’écoliers. En parallèle, cinq entreprises de transformation de maïs ont fait l’objet d’un diagnostic technique en vue de leur fortification, tandis que 750 producteurs de sel (dont 93 % de femmes) ont été formés aux normes d’iodation et de salubrité.

L’agrobusiness intégré au dialogue public-privé

Pour pérenniser ces engagements commerciaux, GAIN revendique une structuration institutionnelle et territoriale poussée. L’organisation met en avant la validation d’arrêtés municipaux portant création de Cadres Communaux de Dialogue Public-Privé pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (CDPP-SAN) dans 12 communes réparties sur 6 départements, impliquant directement 10 entreprises membres du réseau SBN. Cette feuille de route est encadrée par l’élaboration du Plan stratégique SBN Bénin 2024–2029 et d’un Plan pluriannuel de plaidoyer 2025–2028.

Au niveau national, cette synergie entre acteurs privés et publics s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale d’Accélération de la Transformation des Systèmes Alimentaires (SNATSA-Bénin). Le pilotage macroéconomique de ce processus s’appuie sur le suivi des flux financiers via le rapport 3FS et la sélection d’indicateurs clés issus de la Food Systems Countdown Initiative (FSCI). Avancée à forte portée réglementaire pour l’ensemble du secteur privé, la publication sous le leadership du MAEP du Manuel national de contrôle des aliments fortifiés vient quant à elle fixer les exigences sanitaires et de traçabilité sur le marché intérieur.

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Pour garantir des débouchés commerciaux aux entreprises engagées, le dernier axe du bilan concerne la création de la demande en produits frais via le programme PASIMA / Veg Demand. À travers la campagne médiatique « NANAVI », déployée dans cinq grands centres urbains (Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Kpodji, Bohicon et Porto-Novo), l’alliance vise à faire évoluer les habitudes d’achat des ménages vers une consommation accrue de fruits et légumes. L’initiative fait état de 172 500 consommateurs atteints, selon les indicateurs d’évaluation de la campagne, grâce au relais sous contrat de 6 radios et 3 chaînes de télévision partenaires. Au-delà de la mobilisation de ces 150 PME et des outils de régulation mis en place, la véritable épreuve de vérité réside désormais dans la viabilité économique de ce modèle. Face aux contraintes du pouvoir d’achat et au coût des intrants, seul un soutien continu de l’État et un accès facilité au financement permettront à ces entreprises de maintenir leurs standards nutritionnels une fois les programmes d’accompagnement arrivés à échéance.

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