Digitalisation, La Marina BJ – Au Bénin, la transformation numérique de l’État progresse à un rythme soutenu. Après la digitalisation progressive des procédures administratives et la montée en puissance des plateformes de paiement en ligne, c’est désormais le cœur financier de l’administration qui amorce une mutation stratégique. Selon nos informations, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) se prépare à intégrer pleinement les enjeux de la monétique et des transactions électroniques sécurisées.
La modernisation engagée s’appuie sur le Programme de Gouvernance Économique pour la Délivrance des Services (PGEDS), soutenu par l’Association internationale de développement (AID), bras concessionnel du Groupe de la Banque mondiale. L’ambition est de moderniser en profondeur les outils, les compétences et les processus du Trésor public afin de répondre aux standards contemporains de gestion financière.
Dans un environnement où la rapidité, la traçabilité et la sécurisation des flux financiers deviennent des exigences incontournables, l’administration du Trésor, avec l’appui d’un cabinet spécialisé en attente de recrutement, entend se repositionner comme un acteur pleinement opérationnel dans l’écosystème des paiements électroniques.
De la digitalisation à la monétique
Jusqu’ici, la transformation numérique du Trésor s’est traduite par la dématérialisation de certaines procédures et la mise en ligne de services administratifs. La nouvelle phase vise un changement d’échelle consistant à passer d’une logique de simple digitalisation à une véritable maîtrise des infrastructures monétiques.
Concrètement, il s’agit pour la DGTCP de prendre en charge l’ensemble des fonctions liées à la gestion des plateformes de paiement, à l’implémentation de dispositifs électroniques fiables, au traitement des réclamations des usagers ainsi qu’à la gestion des risques associés aux transactions numériques. Cette évolution suppose non seulement des outils technologiques adaptés, mais surtout des ressources humaines capables d’en assurer la gouvernance technique et opérationnelle.
Au cœur de cette initiative se trouve un enjeu majeur qu’est le renforcement des capacités des agents du Trésor public. La transition vers la monétique ne peut réussir sans une montée en compétences structurée et durable. L’enjeu est d’améliorer les compétences techniques et opérationnelles du personnel, notamment en matière de gestion des systèmes de paiement électronique, de consolider les capacités fonctionnelles et managériales dans le pilotage des activités monétiques et d’optimiser les processus internes afin d’accroître l’efficacité et la productivité dans la gestion des transactions électroniques sécurisées. Cette stratégie traduit une volonté de ne pas externaliser durablement l’expertise, mais de bâtir un socle interne robuste capable de soutenir la transformation sur le long terme.
Un déploiement technique de dix-huit mois
Avec l’équipe de consultants qui sera mobilisée, la mission s’étale sur une période prévisionnelle de dix-huit mois, signe que l’administration privilégie une approche progressive et structurée. Ce calendrier traduit la complexité du chantier, car il ne s’agit pas seulement d’installer des outils, mais d’opérer une mutation organisationnelle en profondeur.
À terme, cette mue numérique et monétique pourrait renforcer la performance budgétaire de l’État, améliorer la qualité des services publics et consolider la crédibilité financière du Bénin auprès de ses partenaires techniques et financiers.
En préparant son Trésor à l’ère des paiements électroniques intégrés, le pays poursuit sa stratégie de modernisation de la gouvernance économique. Une transformation silencieuse, mais structurante, qui redéfinit le rôle du Trésor public dans l’architecture financière nationale.
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