Diplomatie, La Marina BJ – L’information circulait sous le manteau dans les chancelleries depuis des mois ; elle est désormais gravée dans le marbre des registres onusiens. Ce 2 mars 2026, la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies a été officiellement déposée. Mais derrière le prestige de la fonction, c’est une bataille diplomatique de haute voltige qui s’engage pour l’ancien chef de l’État sénégalais.
C’est une subtilité de procédure qui n’a échappé à aucun observateur averti : le dossier de Macky Sall n’a pas été porté par Dakar, mais par le Burundi. En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine (UA), Gitega offre à l’ex-président sénégalais un précieux bouclier continental. Ce parrainage permet de contourner le silence assourdissant, voire l’hostilité latente, des nouvelles autorités sénégalaises à l’égard des ambitions de leur prédécesseur. Pour Macky Sall, l’enjeu est de transformer une ambition personnelle en un destin africain. Vingt ans après le départ du Ghanéen Kofi Annan, l’Afrique estime que son heure est à nouveau venue de diriger la « Maison de verre ».
Un CV en béton, un contexte en acier
Sur le papier, Macky Sall fait figure de favori naturel. Son passage à la tête de l’UA, marqué par l’intégration de l’organisation au G20, lui a conféré une stature de réformateur du système multilatéral. En tant qu’Envoyé spécial du Pacte de Paris pour les peuples et la planète, il s’est imposé comme l’interlocuteur privilégié entre le Nord et le Sud sur l’épineux dossier du financement climatique. Pourtant, le chemin vers le 38ème étage du siège de l’ONU est semé d’embûches systémiques.
Le facteur genre représente sans doute son plus grand adversaire alors qu’une lame de fond traverse l’Assemblée générale pour exiger une femme à la tête de l’organisation pour la première fois en 80 ans. Face à lui, des poids lourds comme la Chilienne Michelle Bachelet ou la Barbadienne Mia Mottley bénéficient d’un capital sympathie immense au sein des mouvements féministes et du bloc latino-américain. Par ailleurs, l’ombre de Dakar plane sur cette ambition car si le soutien du Burundi est un atout de l’instant, l’absence de parrainage de son propre pays reste une anomalie qui pourrait fragiliser sa crédibilité lors des auditions. À New York, on n’aime guère les candidats qui ne sont pas prophètes en leur pays.
Le jeu d’échecs du Conseil de sécurité
Comme toujours à l’ONU, le dernier mot reviendra aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Si la France semble acquise à sa cause, l’ex Chef de l’État sénégalais Macky Sall devra manœuvrer avec habileté pour ne pas froisser Moscou et Pékin, tout en rassurant une administration américaine souvent imprévisible. Sa capacité à se présenter comme le médiateur capable de débloquer les crises sahéliennes et ukrainiennes sera sa meilleure arme. Mais dans cette arène où les veto se distribuent plus vite que les poignées de main, l’ancien président sait que rien n’est acquis.
Le match Sall-Bachelet est lancé. Pour l’enfant de Fatick, c’est peut-être le plus grand défi de sa carrière, celui de prouver que le leadership africain peut s’imposer, non pas par défaut, mais par une vision de rupture pour un monde en quête de nouveaux repères.
Analyse produite par Solid Réputation (www.solidreputation.fr) spécialisé en E Réputation et stratégie d’influence international
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