Agroalimentaire, La Marina BJ – C’est un ouf de soulagement pour les transformateurs béninois. Dans une note d’information datée du 2 avril 2026, l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA) a officialisé l’extension de la durée de validité de l’Autorisation de mise sur le marché (AMM). Si la mesure est saluée par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), elle résonne surtout comme l’aboutissement d’un processus entamé il y a près de deux ans.
Le secteur agroalimentaire béninois franchit une nouvelle étape vers la simplification administrative. Sous « instruction de la haute hiérarchie », le Directeur général de l’ABSSA, Kinnou J. Kisito Chabi Sika, a acté le passage de la validité de l’AMM de trois à cinq ans. Une décision immédiatement saluée par la CCI Bénin, qui y voit une « volonté affirmée des autorités de faciliter les démarches administratives ».
Un vieux dossier sur la table du ministre
Cette réforme ne sort pas du néant. Elle s’inscrit dans la droite ligne des engagements pris en août 2024 par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui. Lors d’une séance de travail mémorable avec les acteurs de la grande distribution et les producteurs locaux, le ministre avait plaidé pour une réorientation des missions de l’ABSSA : passer d’une police sanitaire répressive à un organe de conseil et d’accompagnement. (Lire LMBJ du 05/08/2024)
À l’époque, les frais élevés et la lourdeur des renouvellements triennaux étaient pointés du doigt comme des freins majeurs à la compétitivité du « Made in Benin ». En étirant le cycle de validité à cinq ans, l’État desserre l’étau bureaucratique et réduit, de fait, la fréquence des coûts de certification pour les PME.
Une promesse tenue, mais avec des nuances
Si la mesure est une victoire politique pour l’exécutif béninois, elle reste « partielle » aux yeux de certains observateurs. La note N°028-2026 précise explicitement que les AMM émises avant le 2 avril 2026 ne sont pas concernées par cette extension. « C’est une avancée réelle, mais qui crée de fait un régime à deux vitesses pour les entrepreneurs actuels », tempère un de nos spécialistes à la rédaction. De plus, le volet concernant la réduction drastique des frais financiers — l’autre grand cheval de bataille du ministre Gaston Dossouhoui en 2024 — reste le point que les producteurs surveilleront de près dans les prochaines mesures gouvernementales .
En alignant la validité de ses autorisations sanitaires sur des standards plus souples, le Bénin renforce l’attractivité de ses produits face à la concurrence régionale. Pour l’ABSSA, ce changement de cap est aussi un test de crédibilité : l’agence doit désormais prouver qu’elle peut assurer un contrôle continu sur cinq ans, sans compromettre la sécurité sanitaire qui fait sa renommée sur le marché de l’UEMOA. Pour les entrepreneurs locaux, le message est que l’administration commence enfin à s’adapter au rythme du business. Reste à savoir si cette bouffée d’oxygène administrative se traduira par une présence accrue des produits béninois dans les rayons de la grande distribution.
Avec la contribution de Noé William HOUNKANRIN (Collaborateur extérieur LMBJ)
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