Infrastructures, La Marina BJ – Grâce à un financement des États-Unis de 2,3 millions de dollars, le Poste de contrôle juxtaposé (PCJ) de Hillacondji-Sanvee Condji se dote du système MIDAS. Ce dispositif numérique de pointe permet désormais un suivi biométrique en temps réel, renforçant la sécurité sur l’axe stratégique Cotonou-Lomé.
Le corridor Abidjan-Lagos poursuit sa modernisation. Le principal point de passage terrestre entre le Bénin et le Togo, le PCJ de Hillacondji, est désormais équipé du système intégré de surveillance et d’analyse des flux migratoires, baptisé MIDAS (Migration Information and Data Analysis System).
Un saut technologique vers la biométrie
Développé par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et déjà éprouvé dans une trentaine de pays, MIDAS transforme la gestion frontalière. À Hillacondji, ce système permet de collecter, traiter et stocker instantanément les données des voyageurs. Sa force réside dans sa capacité de relevé biométrique et son interconnexion potentielle avec les bases de données nationales et internationales comme Interpol. Une précision de taille souligne que si l’OIM assure le déploiement technique et la formation, la souveraineté des données reste strictement entre les mains de l’État béninois qui demeure le seul gestionnaire des informations enregistrées.
Le 30 avril dernier selon notre journaliste contributeur Noé William HOUNKANRIN une mission d’évaluation conjointe a réuni une vingtaine d’experts de l’OIM, de la Police républicaine (DGPR), de la Direction de l’Émigration et de l’Immigration (DEI), ainsi que des représentants de l’ambassade des États-Unis et des services de l’immigration togolaise. À quelques jours de la clôture officielle du projet, les conclusions sont claires et confirment que l’outil est pleinement opérationnel. Pour le Représentant résident de l’UEMOA au Bénin, MIDAS répond à un double impératif consistant à faciliter la mobilité légale tout en isolant efficacement les individus signalés par les services de sécurité.
Un rempart contre l’instabilité régionale
Le déploiement de cette sentinelle numérique à Grand-Popo ne doit rien au hasard dans un Golfe de Guinée sous pression, marqué par la criminalité organisée et les répercussions des crises sahéliennes. La sécurisation des frontières est devenue une priorité absolue car le PCJ de Hillacondji représente le poumon migratoire du Sud-Bénin.
Sa modernisation numérique s’ajoute à une série de grands chantiers sur l’axe Cotonou-Lomé notamment l’infrastructure routière avec le dédoublement de la voie Godomey-Ouidah-Hillacondji financé par la BID pour 306,89 millions d’euros. Cette dynamique englobe également la dimension logistique puisque le PCJ lui-même a été inauguré en 2022 avec l’appui de la BAD. Cet investissement américain de 2,3 millions de dollars illustre la vitalité de la coopération sécuritaire entre Cotonou et Washington. Il intervient dans une période charnière pour le pays alors que le projet MIDAS s’achève avec succès.
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