Bourse, La Marina BJ — Si la place boursière régionale a entamé la semaine sous le signe d’un regain de vitalité, le pôle financier béninois affiche un visage contrasté. Alors que les indices globaux virent au vert, une ombre persiste au tableau de la place de Cotonou : la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce du Bénin (BIIC). Pour la cinquième séance de cotation sur les six dernières, le titre s’enfonce dans une zone de turbulences, prolongeant une méforme qui commence à inquiéter les observateurs.
La séance du lundi 11 mai 2026 s’est pourtant voulue optimiste pour l’ensemble du marché. Le BRVM Composite a progressé de +0,29 % (405,75 points), porté par une explosion de la valeur transigée qui a atteint 1,79 milliard de FCFA. Mais dans cet élan collectif, la BIIC Bénin (BICB) a fait cavalier seul, mais dans le sens inverse de la marche, concédant un nouveau repli de -1,05 % pour s’établir à 5 170 FCFA.
Une érosion persistante
Ce recul n’est plus un simple épiphénomène car après avoir cédé -1,60 % sur l’ensemble de la semaine écoulée, la BIIC entame ce nouveau cycle par une contre-performance qui porte sa variation annuelle à un modeste +3,92 %. La trajectoire du titre durant la semaine du 4 au 8 mai illustre parfaitement cette fragilité avec une succession de séances difficiles où la valeur a reculé dès le lundi (-0,09 %) avant d’accélérer sa chute le mardi (-1,04 %), le mercredi (-0,95 %) et d’atteindre un pic de baisse le jeudi (-1,54 %).
Bien que le vendredi 8 mai ait offert un sursaut technique avec une variation de +2,05 %, ce rebond n’aura été que de courte durée au regard de la rechute immédiate observée dès ce lundi. Ce score s’étiole de jour en jour si on le compare à l’insolente santé de sa consœur, la BOA Bénin, qui culmine à plus de 60 % de croissance en cette année 2026. Selon l’analyse de nos spécialistes à la rédaction, cette méfiance pourrait s’expliquer par le silence de la BIIC qui semble faire les frais de sa lenteur à publier son rapport d’activité de 2025 ainsi que les résultats financiers du premier trimestre 2026, laissant les investisseurs dans un flou informationnel pénalisant. Les investisseurs semblent désormais délaisser le dossier au profit de valeurs bancaires offrant une visibilité plus immédiate.
Le pôle béninois à deux vitesses
Ce « carton rouge » persistant pour la BIIC crée un déséquilibre flagrant au sein du trio béninois d’autant plus que la BOA Bénin confirme son statut de valeur de référence régionale en s’adjugeant +0,05 % à 9 405 FCFA pour se classer deuxième valeur la plus active de toute la BRVM avec 161,9 millions de FCFA de transactions.
Parallèlement et en dépit d’une variation annuelle de -10,01 %, la Loterie Nationale du Bénin amorce son réveil avec une hausse de +0,52 % pour atteindre 3 865 FCFA, un mouvement porté par un rendement net attractif de 7,13 %. Cette divergence souligne la sélectivité accrue des opérateurs vis-à-vis des actifs du pôle béninois où la prime à la performance semble aujourd’hui l’emporter sur la simple notoriété institutionnelle.
Un signal de prudence pour les portefeuilles
La séance du 11 mai se clôture sur une dynamique de marché particulièrement vigoureuse avec un volume global qui s’envole de +75,93 % pour atteindre 1 473 394 titres échangés et une valeur transigée qui bondit de +53,73 % à plus de 1,79 milliard de FCFA. Cette euphorie profite largement aux titres en zone de rattrapage comme Oragroup Togo qui signe la plus forte hausse de la journée avec +7,45 % ou encore Bernabé CI qui s’adjuge +7,31 % à 1 395 FCFA.
Pendant que la capitalisation boursière globale progresse de +0,28 % pour s’établir à 15 640 milliards de FCFA, la BIIC se marginalise en restant l’une des 20 valeurs en baisse de la journée contrairement aux 22 titres qui ont fini dans le vert. Cette incapacité à réagir alors que les secteurs de l’Énergie (+1,84 %) et de la Consommation de base (+1,04 %) tirent l’indice vers le haut suggère que les investisseurs attendent des catalyseurs plus concrets pour stopper l’hémorragie. En conclusion, si la BRVM retrouve son souffle en ce début de semaine, la BIIC Bénin reste en salle d’attente car sur un marché de plus en plus exigeant, le prestige de la signature ne suffit plus à garantir l’immunité boursière.
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