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Programme ALAFIA I : Comment le Bénin prévoit d’investir près de 100 milliards FCFA dans la santé, l’agroalimentaire et les jeunes

Santé, La Marina BJSi la levée des conditions suspensives d’effectivité conditionne le premier versement du financement accordé par la Banque mondiale, la feuille de route opérationnelle du programme ALAFIA I dévoile ses arbitrages stratégiques. Selon le premier rapport de suivi daté du 17 septembre 2026, l’Exécutif béninois s’apprête à déployer une intervention multisectorielle combinant offre de soins communautaires, développement de la petite enfance et soutien direct à plus d’un millier de micro-entreprises agroalimentaires portées par des femmes et des jeunes.

Alors que le gouvernement béninois finalise les derniers pré-requis administratifs et institutionnels auprès des équipes techniques du bailleur (Lire LMBJ du 23/07/2026), le contenu détaillé de la feuille de route du programme ALAFIA I, consulté par La Marina BJ, précise la destination des 170 millions de dollars (environ 97 milliards FCFA) de financements. Selon ce document d’étape, la progression vers les objectifs est jugée « satisfaisante », bien que l’institution financière classe le risque global du programme à un niveau « substantiel ». Un financement qui comprend un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant révisé de 147,04 millions de dollars et un don de 20 millions de dollars. Au 17 septembre 2026, aucun décaissement n’a été effectué, l’Exécutif béninois poursuivant les démarches préalables à l’entrée en vigueur. Pensé pour améliorer l’utilisation de services intégrés de qualité en matière de nutrition, de santé et de développement de l’enfant dans les zones ciblées, le programme articule ses interventions autour de la santé de proximité, de la nutrition et du renforcement de la résilience alimentaire et économique des ménages et acteurs locaux. Décryptage des axes majeurs d’un programme qui s’étalera jusqu’au 31 mai 2031.

Un ciblage renforcé

Dans son premier domaine de résultats, la feuille de route prévoit des interventions axées sur la santé de proximité et la nutrition. Le rapport fixe comme objectifs d’abaisser la prévalence du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans de 36,5 % à 32 % et de ramener le taux d’anémie chez les femmes en âge de procréer de 55,5 % à 50,5 % d’ici à décembre 2030. Pour soutenir ces indicateurs, le deuxième mécanisme de décaissement (DLI 2) cible la distribution de suppléments nutritionnels à 2 413 621 nouveaux bénéficiaires, répartis entre 773 055 enfants de 6 à 23 mois, 877 511 femmes enceintes et 763 055 femmes allaitantes.

Le déploiement des services repose sur la qualification et la mise en activité de 7 396 acteurs communautaires, dont 263 agents de santé communautaires qualifiés et 7 133 relais communautaires. Le programme inclut la mise en place de comités locaux (CCLS-TP) dans 60 communes, le traitement de 36 440 demandes de branchements privés d’eau potable, ainsi qu’une hausse à 58,35 % de la part des femmes recevant une visite postnatale dans les six semaines suivant l’accouchement.

Appui à l’agroalimentaire local et résilience des ménages

Le second axe du programme vise à renforcer l’approvisionnement en aliments nutritifs par le soutien aux filières locales. Le cinquième indicateur prévoit d’accompagner 1 050 micro-entreprises agroalimentaires ayant adopté des pratiques améliorées de production, de transformation ou de distribution conformes aux normes nationales de sécurité sanitaire. Ce volet cible 736 entités dirigées par des jeunes et 314 portées par des femmes. Parallèlement, le sixième indicateur prévoit un accès à des jardins résilients au climat ou au petit élevage pour 5 200 structures, soit 5 000 ménages et 200 écoles. Le rapport estime à 620 000 le nombre de personnes alimentées par l’augmentation de la production agricole qui en découle, dont 350 000 femmes et 235 000 jeunes.

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Outre le Financement axé sur les résultats, ALAFIA I intègre une composante d’assistance technique dédiée à la gouvernance et aux systèmes de données. Ce volet prévoit la formation d’agents au marquage budgétaire de la nutrition dans 60 ministères et entités décentralisées, ainsi que le déploiement d’un système numérique de suivi-évaluation. À environ trois semaines de la date prévue d’effectivité, les indicateurs liés aux nouvelles interventions restent pour l’essentiel à leur niveau de référence, plusieurs étant encore établis à zéro, tandis que certains indicateurs de résultats conservent leurs valeurs de départ. Sur le plan administratif, le rapport indique que le Manuel opérationnel du programme est en cours de finalisation et que l’Unité d’appui à la mise en œuvre au sein de l’ANAN reste à achever pour permettre l’entrée en vigueur du financement.

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