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Quand la cession des domaines privés de l’État béninois dope la trésorerie publique

Foncier, La Marina BJAprès un exercice 2025 marqué par le contre-coup tarifaire de la réforme cadastrale, les comptes de l’Agence nationale du Domaine et du Foncier (ANDF) retrouvent des couleurs en 2026. Avec 2,5153 milliards de FCFA de recettes globales mobilisées à fin juin selon nos informations, l’administration foncière dépasse largement ses prévisions semestrielles fixées à 2,0709 milliards de FCFA, affichant un taux de réalisation de 121,5 %. Mais au-delà de ce chiffre flatteur, la structure de ces encaisses révèle une dynamique à deux vitesses, fortement tirée par un levier financier exceptionnel qu’est la valorisation du patrimoine foncier de l’État.

Véritable moteur de la trésorerie publique sur cette première moitié d’année, les cessions du domaine privé de l’État ont généré à elles seules 1,2308 milliard de FCFA au 30 juin 2026. Reclassées au titre des ressources de trésorerie, ces opérations apportent une bouffée d’oxygène décisive à l’agence.

L’analyse de la trajectoire trimestrielle montre une accélération soudaine du processus ; alors que le premier trimestre n’enregistrait que 70,4 millions de FCFA de cessions, le second trimestre a vu ce montant s’envoler à 1,1604 milliard de FCFA à une période où la confirmation des droits fonciers chutait de 53 % (Lire LMBJ du 27/08/2026). À titre de comparaison, aucune cession domaniale de cette nature n’avait été réalisée sur la même période en 2025.

La contrainte continue des tarifs réduits

Si l’on fait abstraction de ces ressources exceptionnelles, le niveau des recettes ordinaires ressort à 1,2846 milliard de FCFA à fin juin 2026. Rapporté à l’objectif annuel de 5 milliards de FCFA, le taux d’exécution net s’établit à 25,7 %, accusant un léger repli de 50,9 millions de FCFA par rapport à juin 2025. Cette atonie relative des recettes courantes continue de traduire les effets de la réforme tarifaire introduite avec le cadastre. En divisant par trois le coût de confirmation des droits fonciers, passé d’un minimum de 250 000 FCFA à un tarif forfaitaire de 82 500 FCFA, l’État a sciemment privilégié la démocratisation du titre foncier au détriment du rendement financier immédiat. Résultat, le poste « confirmations de droits » plafonne à 316 millions de FCFA à fin juin dont 166,8 millions au deuxième trimestre, soit un taux de réalisation de seulement 28,6 % de son objectif trimestriel et une baisse de 46 % par rapport à l’année précédente.

Si le coût réduit des titres fonciers pèse sur les rentrées directes de l’ANDF, il commence à produire ses effets induits sur le marché du crédit et des transactions immobilières. Le segment des hypothèques réalise une percée remarquable avec 346,2 millions de FCFA encaissés à fin juin, soit un taux de réalisation impressionnant de 206,2 % par rapport aux prévisions. De leur côté, les mutations immobilières maintiennent leur cadence avec 116,3 millions de FCFA enregistrés (123,8 % de l’objectif), tandis que les morcellements apportent 223,8 millions de FCFA (62,3 % de réalisation) et les baux emphytéotiques 156,6 millions de FCFA. Parmi les autres prestations, les radiations de sûretés génèrent 68,4 millions de FCFA, les dénonciations 20 millions de FCFA, les états descriptifs 9,5 millions et les situations géographiques 6,6 millions FCFA.

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Au total, l’ensemble des encaissements enregistrés par l’ANDF bondit de 88,3 % entre fin juin 2025 (1,3355 milliard FCFA) et fin juin 2026 (2,5153 milliards FCFA). Pour notre spécialiste à la rédaction, le bilan à mi-parcours de l’ANDF illustre la pertinence de la stratégie de dématérialisation et de modernisation foncière. En compensant les pertes tarifaires sur les titres fonciers par l’arbitrage prudent de son patrimoine domanial et la hausse du volume des sûretés bancaires, l’État béninois sécurise sa trésorerie tout en posant les jalons d’un élargissement durable de son assiette fiscale.

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