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Port de Cotonou : Pourquoi la captation des déchets marins est devenue une priorité stratégique

Maritime, La Marina BJ Au début de l’année 2025, le Port Autonome de Cotonou (PAC) officialisait une stratégie ambitieuse pour transformer sa gestion environnementale. À l’époque, le constat était que malgré son statut de poumon économique, le port peinait à capter les résidus des navires en escale. En savoir plus sur les fondements d’un plan qui visait à faire de la plateforme portuaire de Cotonou une référence écologique en Afrique de l’Ouest.

Il y a près d’un an, le département Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement (QHSE) du PAC annonçait la version 1.0 de son « Plan de Gestion des Déchets des Navires ». Ce document stratégique, prévu pour couvrir la période 2025-2028, ne se contentait pas d’un simple rappel des normes internationales MARPOL. Il posait un diagnostic lucide sur une situation préoccupante : le port de Cotonou était alors largement délaissé par les navires pour le déchargement de leurs résidus.

Les données compilées entre janvier 2021 et août 2023 révélaient un paradoxe frappant. Alors que le port accueillait 2 834 navires sur cette période, les volumes de réception restaient marginaux. Seuls 296 navires (10 %) avaient déposé des ordures ménagères pour un volume de 2 414 m³, tandis que la collecte d’hydrocarbures ne concernait que 29 navires (1 %) pour 456 m³. Fait plus marquant encore, un seul navire avait procédé au déchargement de 90 m³ d’eaux usées sur l’ensemble de la période.

Dans ce paysage, seuls les vraquiers se distinguaient comme les principaux utilisateurs des installations de réception..Une enquête de satisfaction menée auprès des capitaines de navires venait confirmer ce déséquilibre : 65 % des équipages préféraient gérer leurs rebuts dans d’autres ports de la région. Cette tendance s’expliquait par le positionnement de Cotonou, souvent perçu comme une simple « escale de transit » au sein de routes maritimes où les ports voisins affichaient des politiques plus strictes ou des infrastructures plus adaptées.

Des obstacles structurels identifiés

Pour expliquer cette désaffection, le document de référence consulté par La Marina BJ pointait du doigt plusieurs freins majeurs. Le port identifiait notamment des procédures dissuasives, avec une analyse des déchets liquides contaminés jugée trop longue et « chronophage », ce qui décourageait systématiquement le dépôt des huiles usagées.

Face à ce constat, le PAC a opéré un choix stratégique de prudence : ne pas durcir les règles sans s’assurer préalablement de la capacité des infrastructures nationales de traitement à absorber des volumes massifs. Enfin, le port admettait un manque de traçabilité, puisqu’il ne tenait pas encore de registres distincts pour chaque catégorie de déchets.

L’ambition « EcoPort »

Pourquoi capter plus est vital ? Selon l’un de nos spécialistes de la rédaction, l’intérêt d’augmenter ce taux de dépôt dépasse la simple propreté des quais ; c’est avant tout un indice de compétitivité commerciale. « Un navire qui dépose ses déchets à Cotonou est un navire qui fait confiance à la fluidité et à la fiabilité du port. En captant davantage de résidus (huiles, plastiques, ordures), le PAC réduit statistiquement le risque de rejets illégaux en haute mer ou dans les eaux béninoises. »

L’enjeu de ce plan est de transformer ces faiblesses en atouts pour consolider les acquis du port, déjà certifié ISO 14001 et détenteur du label EcoPort. Le document prévoit une organisation rigoureuse selon laquelle chaque navire doit désormais transmettre une notification préalable 24 heures avant l’arrivée. Le plan instaure également une obligation de dépôt dès que le volume stocké à bord atteint 50 % de la capacité totale de stockage du navire. Pour veiller au grain, le commandant du port dispose désormais du pouvoir d’interdire le départ de tout navire ne respectant pas ces directives.

Près d’un an après la signature de ce plan par la direction générale, les interrogations demeurent. La promesse de solutions concrètes pour simplifier les processus a-t-elle été tenue ? Le taux d’utilisation des services, bloqué à seulement 13 % en 2025, a-t-il enfin progressé de manière significative ? Alors que le document prévoyait une révision à chaque changement majeur, les acteurs du secteur maritime attendent vivement de savoir si le Port de Cotonou a réussi sa mue écologique ou si les contraintes infrastructurelles nationales continuent de brider ses ambitions vertes.

Avec la Contribution de Noé William HOUNKANRIN (Collaborateur extérieur LMBJ)

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