Santé, La Marina BJ – Dans le sillage du vaste programme de modernisation sanitaire engagé par l’État béninois, une mission d’ingénierie hospitalière d’une envergure inédite est en cours de contractualisation. Trente-neuf blocs opératoires répartis dans neuf établissements du pays vont faire l’objet d’une analyse technique systématique, tandis que l’hopital d’Allada-Toffo-Zè prépare son extension.
C’est une décision qui traduit un changement de méthode dans la gouvernance sanitaire béninoise. Selon nos informations exclusives, le ministère de la Santé s’apprête à contractualiser avec LAB SCIENCE, bureau d’études spécialisé, pour une mission d’une portée sans équivalent dans l’histoire récente du secteur : l’audit technique de trente et un blocs opératoires dans neuf hôpitaux à travers le pays, couplé à l’analyse de conformité de huit blocs opératoires projetés dans le cadre de l’extension de l’hôpital de zone d’Allada-Toffo-Zè. Au total, ce sont trente-neuf unités chirurgicales qui seront passées au crible selon un référentiel national précis.
Un diagnostic global du patrimoine chirurgical
Le volet audit constitue le cœur stratégique de la mission confiée à LAB SCIENCE. D’après notre source bien informée, il s’agit d’établir un état des lieux technique objectif de l’ensemble des capacités opératoires existantes dans les établissements concernés : conformité des circuits propres et sales, adéquation des systèmes de traitement d’air, état des équipements anesthésiques, respect des normes de zonage hygiénique. Autant de paramètres qui conditionnent directement la sécurité des actes chirurgicaux et la maîtrise du risque infectieux postopératoire.
Le référentiel retenu est le cadre normatif national élaboré par l’exécutif sortant pour la construction et l’équipement des formations sanitaires, un document de référence fruit d’un travail participatif associant ingénieurs, architectes, gestionnaires de centres de santé, médecins et personnels paramédicaux, lui-même aligné sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. C’est à l’aune de ce corpus technique que LAB SCIENCE évaluera chacun des trente et un blocs opératoires existants.
Les conclusions de cet audit ont vocation à alimenter directement la programmation des réhabilitations à venir, en priorisant les interventions selon un critère d’urgence technique. Selon nos informations, elles constitueront également la base des dossiers que l’État soumettra aux bailleurs de fonds potentiels pour le financement des travaux identifiés comme nécessaires.
Allada-Toffo-Zè, site pilote sous pression
Le second volet de la mission confiée à LAB SCIENCE concerne l’hôpital de zone d’Allada-Toffo-Zè, érigé en 2018 dans le cadre de la coopération bénino-japonaise pour un investissement de dix milliards de francs CFA. Doté de 65 lits d’hospitalisation et de services couvrant les urgences, la maternité, la gynécologie et deux blocs opératoires, l’établissement fait face à une affluence qui déborde régulièrement ses capacités, notamment en pédiatrie et en maternité.
En novembre 2025, le gouvernement a autorisé la réalisation d’études techniques et architecturales pour porter la capacité d’accueil de 65 à 150 lits. Le projet prévoit également la création d’un service des grands brûlés, conforme aux normes internationales et doté d’équipements de soins intensifs, ainsi qu’un service de traumatologie, deux unités essentielles pour la prise en charge des victimes d’accidents graves. C’est en amont de tout lancement de marché de travaux que LAB SCIENCE analysera la faisabilité et la conformité technique des huit blocs opératoires projetés, une précaution devenue incontournable dans tout projet hospitalier structurant.
Un investissement en quête de cohérence
La mission s’inscrit dans un agenda de transformation infrastructurelle que le gouvernement béninois a considérablement accéléré. La construction et l’équipement des hôpitaux de zone de Zogbodomè-Bohicon-Zakpota, d’Adjarra-Avrankou-Akpro-Missérété et d’Adjohoun-Bonou-Dangbo figurent parmi les grandes priorités du ministère de la Santé pour 2026. À cela s’ajoutent la construction de quatorze centres de santé et la réhabilitation de la maternité de l’hôpital de zone de Ouidah, approuvée en conseil des ministres le 13 mai dernier.
Dans ce contexte de déploiement massif, la démarche engagée avec LAB SCIENCE répond à une logique préventive clairement assumée : éviter que les futurs équipements ne reproduisent les déficiences structurelles des installations existantes. En systématisant l’analyse technique en amont des chantiers, les autorités entendent poser les bases d’une ingénierie sanitaire rigoureuse, une ambition que cette contractualisation, inédite par son périmètre, vient concrétiser pour la première fois à l’échelle du parc hospitalier national.
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