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Football béninois : Le cri de détresse des clubs de Ligue 3 face à la suppression des subventions de l’État

Sports, La Marina BJ Par une note, le Ministère des Sports a récemment dévoilé la répartition des subventions aux clubs de football pour l’année en cours. Si les divisions d’élite et le football féminin s’en sortent avec des enveloppes conséquentes, la Ligue 3 est la grande sacrifiée de cette réforme. Une exclusion « brutale » qui a poussé le collectif des présidents de clubs amateurs à adresser une lettre ouverte au vitriol au Chef de l’État Romuald Wadagni.

C’est un véritable séisme qui secoue le football à la base au Bénin. Alors que la saison 2025-2026 tend vers la fin, les clubs du championnat national amateur de Ligue 3 (D3) viennent d’apprendre qu’ils ne toucheront pas le moindre franc CFA de la part de l’État au titre de l’année 2026. L’information, devenue officielle suite à une note de service du Directeur de Cabinet du Ministère des Sports et de l’Engagement Civique, Crépin Okouolou, a l’effet d’une douche froide pour les acteurs du football amateur.

Dans les tableaux d’attribution des subventions, la sentence tombe de manière répétitive pour des clubs historiques ou émergents tels qu’Abi Sports, les Aigles de Bohicon, Ainonvi FC, Soleil FC ou encore l’US Baboni : « 0 FCFA. Ligue non prise en compte en 2026 ».

L’incompréhension des présidents

Face à ce qu’ils qualifient de « rupture soudaine », les présidents des clubs de Ligue 3 ont décidé de briser le silence. Dans une lettre ouverte empreinte de gravité adressée au Président de la République, Romuald Wadagni, le collectif des dirigeants exprime sa profonde inquiétude quant à la survie même de leurs associations sportives. Le principal grief des dix-huit signataires repose sur le timing et le manque de transparence de cette mesure. Selon eux, la décision a été prise alors que les clubs s’étaient déjà pliés de bonne foi aux procédures d’évaluation de la Direction des Sports de l’Élite. À aucun moment, soutiennent-ils, ils n’ont été informés qu’une telle exclusion entrerait en vigueur dès la saison en cours.

« Cette rupture soudaine met en péril la stabilité financière de nos clubs, qui ont déjà contracté de lourds engagements pour la saison en cours : recrutements stratégiques, renforcement des encadrements techniques, acquisitions de matériels sportifs et dépenses de fonctionnement indispensables », fustigent les présidents dans leur missive.

Un appel à une transition concertée

Pour ces dirigeants, cette subvention étatique n’est pas un luxe, mais le poumon financier d’une réforme majeure qui permettait jusqu’ici de structurer l’encadrement des jeunes talents et de dynamiser le football béninois à l’échelle locale. En coupant les vivres à la D3, c’est tout un écosystème social et sportif qui est fragilisé, privant des milliers de jeunes footballeurs de revenus modestes mais essentiels, souvent perçus comme un outil de lutte contre la précarité. Pendant que la Ligue 3 est mise sur la touche, les clubs de l’élite (Celtiis Ligue 1 et Ligue 2) et du football féminin (D1 et D2) continuent de se partager la manne étatique. Les subventions culminent parfois à 66 millions de FCFA pour certaines écuries de Ligue 1 (comme l’AS Cotonou FC, Ayema FC ou Bani Gansé FC), laissant un goût amer d’injustice aux structures amateurs.

Tout en réaffirmant leur adhésion aux réformes visant à améliorer la qualité du football national, les présidents de Ligue 3 supplient le Chef de l’État d’intervenir pour une application progressive et concertée de ces mutations. Ayant engagé d’énormes frais pour participer activement au championnat actuel, ils demandent l’assurance d’une politique d’accompagnement pour ne pas envoyer leurs clubs respectifs au cimetière des faillites sportives. Le calendrier de retrait des chèques de subventions pour les clubs bénéficiaires devant être communiqué prochainement par le ministère, le temps presse pour la Ligue 3. Le ballon est désormais dans le camp de la présidence de la République : choisira-t-elle de maintenir le cap de la rigueur budgétaire ou d’offrir une bouée de sauvetage au football d’en bas ? L’avenir de milliers de jeunes talents en dépend.

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