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Port de Cotonou : trois interruptions programmées pour fiabiliser la lettre de voiture électronique

Logistiques, La Marina BJAfin d’éprouver la robustesse de la nouvelle plateforme de gestion du fret, l’Agence Nationale des Transports Terrestres (ANaTT) et le Port Autonome de Cotonou (PAC) annoncent des suspensions temporaires du système classique d’appel de camions. Une transition numérique par paliers qui modifiera les habitudes des acteurs portuaires dès la mi-juillet 2026.

C’est une étape décisive vers la dématérialisation complète des documents de transport au Bénin. Dans une note conjointe, l’ANaTT et le PAC ont confirmé l’accélération de la phase pilote du dispositif d’émission de la lettre de voiture électronique. Actuellement dans sa seconde phase de test, qui prévoit un essai intégral en conditions opérationnelles réelles, le déploiement va connaître une montée en charge sur trois semaines consécutives. Concrètement, le module « Carte de Transport liée à l’appelé camion » du système ACCESS PLUS sera temporairement désactivé.

Un calendrier de suspension progressif

Pour mesurer la résilience du dispositif numérique sur des plages de plus en plus longues avant sa généralisation, les interruptions sont programmées selon un calendrier bien précis. La première coupure interviendra le mardi 15 juillet 2026 pour une durée de 24 heures. Elle sera suivie d’une deuxième suspension de 48 heures prévue du mercredi 22 au jeudi 23 juillet 2026. Enfin, la troisième phase de test se déroulera sur une plage de 72 heures du mercredi 29 au vendredi 31 juillet 2026. Durant ces fenêtres critiques, l’appel de tout camion au port ne pourra plus s’effectuer via la carte de transport physique, car il sera exclusivement conditionné par l’émission préalable, sur la plateforme, d’une lettre de voiture électronique correspondant à la marchandise à transporter.

Pour garantir la fluidité des opérations durant ces tests, la note conjointe fixe des impératifs stricts pour chaque maillon de la chaîne logistique. Les bailleurs de fret et commissionnaires agréés en douane doivent maîtriser la procédure d’émission et disposer d’un compte actif sur la plateforme avant le début des tests. De leur côté, les transporteurs ont l’obligation de s’assurer que l’ensemble de leurs tracteurs et remorques disposent de cartes de transport valides. Quant aux conducteurs, ils doivent être dûment inscrits sur la plateforme et détenir un permis de conduire en cours de validité.

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Un chantier de modernisation au long cours

Cette digitalisation s’inscrit dans un processus de modernisation du secteur des transports terrestres engagé depuis 2021. Lancé le 18 mars 2025 à Cotonou avec l’appui d’Enabel (via le projet PASport) et de l’Union européenne, ce document numérisé constitue le cœur du Système Électronique de Gestion du Fret Routier (SYGFR). Accessible via un portail, ce système vise à mettre fin aux dysfonctionnements logistiques, aux fraudes et aux conflits entre acteurs, tout en assurant la conformité avec les mesures réglementaires régissant le transport de marchandises.

Comme l’avait détaillé l’ANaTT lors de sa conférence de presse de septembre 2025, le SYGFR s’adapte aux réalités du terrain, permettant même une interconnexion automatisée avec les centres de fret disposant déjà de leur propre système d’information. La mise en conformité des transporteurs, d’abord initiée auprès d’un panel restreint, arrive aujourd’hui à son moment de vérité.

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