Gouvernance, La Marina BJ – En adoptant à l’unanimité, ce vendredi 10 juillet, la loi n°2026-14, l’Assemblée nationale a officiellement acté la suppression temporaire de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Ce vote marque le début d’une phase de transition inédite, visant à mettre l’architecture institutionnelle en cohérence avec le nouveau cycle électoral de sept ans.
Le paysage institutionnel béninois entame une mue significative. Face à l’expiration imminente du mandat de cinq ans des membres actuels de l’organe électoral le 14 juillet prochain, le législateur a choisi d’abroger les dispositions du titre II du livre premier du Code électoral. Portée par le député Augustin Ahouanvoèbla, du parti l’Union Progressiste Le Renouveau, cette réforme ne signe pas la fin définitive de l’administration électorale, mais amorce une période de mise en sommeil nécessaire pour redéfinir une structure désormais inadaptée au nouveau calendrier politique national. L’alignement des mandats présidentiels, législatifs et communaux sur une durée de sept ans rendait, de fait selon le rapport de la commission des lois, inutile l’installation d’une nouvelle équipe pour une période où aucun scrutin n’est prévu avant 2031.
Une transition sous haute surveillance gouvernementale
La réforme soulève des enjeux opérationnels complexes que la Commission des lois a pris soin d’analyser. Outre le redéploiement du personnel technique vers l’administration publique, les parlementaires ont insisté sur la nécessité de régulariser la situation des jeunes ayant participé bénévolement aux derniers processus électoraux et dont les émoluments sont encore attendus.
⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.
Si le gouvernement, par la voix du Garde des Sceaux Yvon Détchénou, a salué le caractère indispensable de cette rationalisation, il a toutefois appelé à une grande prudence dans l’exécution. Selon l’article 2 de la loi adoptée, un décret pris en Conseil des ministres devra désormais piloter la liquidation des engagements et la préservation du patrimoine de l’institution. Cette séquence transitoire ouvre ainsi la voie à une réflexion de fond sur le futur modèle d’organisation électorale du pays, devant allier efficacité budgétaire et solidité institutionnelle.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.