Coton, La Marina BJ — Après un virage décisif amorcé en juin, la mise en valeur des terres cotonnières béninoises franchit un nouveau palier. Selon les dernières données officielles du Programme Régional de Production Intégrée du Coton en Afrique, le Bénin affiche un taux de réalisation de 86,6 % de ses objectifs d’emblavure au 31 juillet 2026. Une progression solide qui s’impose malgré l’apparition de poches de sécheresse locales, déplaçant désormais le cœur de la campagne sur le terrain de la protection phytosanitaire.
Le rapport de progression à la fin du mois de juillet confirme la trajectoire ascendante du bassin cotonnier béninois. Avec 519 596 hectares effectivement semés sur une cible nationale maintenue à 600 000 hectares, le Bénin consolide sa position de premier producteur de la sous-région en termes de superficie mise en valeur. Si la dynamique d’installation des cultures accuse un léger ralentissement par rapport à l’envolée observée au mois de juin, les chiffres traduisent une progression constante : le secteur gagne plus de 75 000 hectares supplémentaires par rapport au bilan du mois précédent et s’inscrit en hausse de 0,7 % comparativement à la même période lors de la campagne 2025/2026.
Un frein pluviométrique
La progression enregistrée au cours du mois de juillet 2026 s’est accomplie dans un contexte agrométéorologique exigeant. Après un mois de juin marqué par des précipitations abondantes, le cumul pluviométrique mensuel est repassé à 108 mm d’eau répartis sur 13 jours de pluie, concédant un déficit de 63 mm par rapport au mois de juillet de la campagne précédente. Cette baisse de la pluviométrie s’est traduite par des poches de sécheresse localisées qui ont induit des retards de semis dans certaines zones de production. Malgré ces contraintes climatiques, les semis tardifs réalisés durant le mois de juillet ont représenté 14 % du total des superficies actuelles, permettant de sécuriser l’essentiel de l’ancrage territorial de la campagne.
Dans l’espace communautaire, la performance béninoise demeure un pilier de la dynamique régionale. Alors que certains pays du programme comme le Mali subissent un repli net de leurs surfaces (-22 %) en raison de cumul de difficultés climatiques et logistiques, le Bénin parvient à maintenir le volume d’emblavure le plus massif du réseau. Seuls des pays aux objectifs de superficie plus modestes, tels que le Togo (110,5 %), le Tchad (101 %) et la Côte d’Ivoire (100,2 %), ont réussi à dépasser leurs prévisions initiales à la même date, illustrant la diversité des réponses agricoles face aux oscillations de la mousson.
⚠️ Toute reproduction, même partielle de nos articles, sans mention explicite de la source lamarina.bj est strictement interdite et constitue une violation du droit d'auteur.
L’attention des encadreurs techniques et des organisations paysannes se déplace désormais vers le suivi agronomique des parcelles. La pression parasitaire globale est restée faible au 31 juillet, et la menace historique des Jassides (Amrasca biguttula) demeure sous contrôle grâce à l’application des itinéraires techniques recommandés par le Programme Régional de Production Intégrée du Coton en Afrique (PR-PICA). L’enjeu central ne réside plus dans l’extension des surfaces, mais dans le maintien de la rigueur phytosanitaire, via le respect des fenêtres de traitement et le choix des matières actives, pour garantir le rendement au hectare nécessaire à l’atteinte des ambitions de production nationale.
Restez connectés à l’actualité en temps réel en rejoignant notre chaîne WhatsApp pour ne rien manquer : actus exclusives, alertes, et bien plus encore.