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Rodrigue Chaou : « Le budget 2027 accorde une place importante à la transformation structurelle de notre économie »

Finances Publiques, La Marina BJ – Alors que le Parlement béninois ouvre ce mercredi 21 octobre 2026 sa session budgétaire consacrée à l’examen de la loi de finances initiale pour la gestion 2027, le gouvernement dévoile la feuille de route financière du pays. Dans une adresse officielle aux citoyens, le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue S. Chaou, détaille les grandes orientations d’un projet de budget établi à 4 757,029 milliards de FCFA, en hausse de 14,7 %.

Fidèle à l’exercice de redevabilité instauré, depuis quelques années au sommet de l’État, à chaque dépôt du budget à l’Hémicycle, la rédaction de La Marina BJ s’est procurée le discours solennel par lequel le ministre chargé du Budget, expose les grands arbitrages de l’État pour l’année prochaine. Pour ce premier exercice budgétaire de l’ère du ministre Rodrigue S. Chaou, le document fixe le cap des finances publiques dans un contexte de consolidation économique, tablant sur une croissance de 7,5 % en 2027 après un pic attendu à 8,3 % en 2026. Porté par les orientations de la Vision « Bénin Alafia 2060 » et le Plan National de Développement 2026-2035, ce projet d’orientation budgétaire franchit un palier significatif en progressant de 608,672 milliards de FCFA par rapport à la loi de finances rectificative de 2026.

Le pari de la transformation locale

Présentant les grands axes de la politique financière, le ministre délégué Rodrigue S. Chaou insiste sur le fait que « le budget 2027 accorde également une place importante à la transformation structurelle de notre économie ». Au cœur de cette doctrine figure la volonté ferme du gouvernement d’accélérer l’industrialisation nationale. « Le Bénin entend aller plus loin dans la transformation locale de ses productions agricoles. Le coton, le soja, l’anacarde et le karité devront davantage être transformés sur place afin de créer plus de valeur ajoutée, davantage d’emplois et de nouvelles opportunités pour les entreprises béninoises », précise le ministre.

Cette dynamisation des chaînes de valeur s’accompagnera d’un renforcement des outils de productivité, à travers la poursuite de l’accès aux machines agricoles à prix subventionnés, l’acquisition de kits d’irrigation modernes et « la mise en œuvre d’une phase pilote du Programme de productivité agricole et de protection sociale des agriculteurs ». En parallèle, le gouvernement entend appuyer « le renforcement du rôle du Port de Cotonou, la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé » et le secteur touristique, notamment par des exonérations ciblées sur « les aéronefs, aérostats et leurs pièces de rechange importés en République du Bénin ».

Réformes au service de la trésorerie des entreprises

Pour financer ces ambitions sans alourdir la charge des contribuables, le ministre Rodrigue S. Chaou souligne que « l’Etat fait des efforts pour collecter plus d’argent à l’intérieur du pays sans ajouter de nouveaux impôts et taxes ». Alors que les recettes fiscales brutes atteindront 2 774,200 milliards de FCFA en hausse de 13,4 %, le ministre se veut rassurant en indiquant que « le projet de budget 2027 ne prévoit aucune augmentation des taux des impositions existantes parmi les nouvelles mesures fiscales ». L’effort gouvernemental repose encore sur « l’élargissement de l’assiette, l’amélioration du rendement de l’impôt, la fiscalisation du commerce électronique et la modernisation des procédures », combiné à une « dispense de pénalité de retard accordée aux contribuables non connus de l’administration fiscale qui souscrivent spontanément ».

Parmi les mesures phares destinées au secteur privé, Rodrigue S. Chaou met en avant la « modification des règles d’exigibilité des droits d’enregistrements relatifs aux marchés publics ». Selon les termes explicites du ministre, « Il s’agit d’une réforme majeure qui soulagera la trésorerie des entreprises, leur permettant d’affecter les disponibilités financières immédiates à l’exécution du marché au lieu de les affecter au règlement de charges fiscales ». S’y ajoutent des exonérations sur les équipements neufs importés par les PME ne bénéficiant pas d’un régime fiscal dérogatoire et sur les récipients à gaz, le renforcement et l’opérationnalisation des exonérations prévues au profit des start-up labellisées du numérique, ainsi que l’exonération sur « les véhicules neufs importés, fabriqués ou vendus en République du Bénin » pour moderniser le parc automobile et réduire les émissions polluantes.

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1 597 milliards pour le quotidien des citoyens

Portant les dépenses à sensibilité sociale à 1 597,533 milliards de FCFA, soit environ 44,26 % du budget général, le ministre Rodrigue S. Chaou rappelle avec conviction que « la croissance doit être accompagnée d’une protection accrue des populations et d’une meilleure répartition de ses fruits ». Dans son discours, il martèle cet engagement cardinal : « L’éradication de l’extrême pauvreté est érigée en priorité absolue en 2027 ». Pour y parvenir, le budget de l’État concrétisera le « passage à l’échelle des filets sociaux », l’intensification des transferts monétaires dans le cadre du programme GBESSOKE, et « la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (ARCH), avec un panier de soins gratuits ».

Sur le plan éducatif, le ministre confirme « la généralisation de la gratuité des frais de scolarité des filles dans l’enseignement secondaire général, technique et professionnel », ainsi que l’extension des cantines scolaires pour atteindre « 1,9 million d’écoliers bénéficiaires en 2027, contre environ 1,4 million au cours de l’année scolaire écoulée ». Concernant les couches vulnérables, Rodrigue S. Chaou annonce des dispositions concrètes pour « la promotion et l’intégration des personnes en situation de handicap », incluant « l’octroi systématique d’une bourse universitaire, dès la rentrée 2026-2027, à tous les bacheliers en situation de handicap présentant un taux d’incapacité important et inscrits dans une université publique ». Enfin, pour parachever cette vision d’un développement équitable, le ministre rappelle que l’action publique s’organisera progressivement autour de « six pôles régionaux de développement » afin de rapprocher les investissements des territoires.

Reste désormais à l’épreuve de l’Hémicycle de transformer cette ambition en texte de loi voté, le gouvernement s’en remettant à l’examen des députés pour faire de ce budget « un véritable instrument de transformation économique, de justice sociale, de solidarité et de progrès pour toutes et pour tous ».

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