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Bénin : Le nouvel arsenal réglementaire qui bouscule le business de la santé

Santé, La Marina BJ On en sait désormais un peu plus sur le décret annoncé lors du Conseil des ministres du 17 décembre 2025. Un an après avoir posé les jalons d’une régulation stricte du marché des produits de santé autres que le médicament, le gouvernement béninois ajuste le tir. Entre libéralisation de certains segments et maintien de monopoles stratégiques, le nouveau texte dessine une nouvelle cartographie des opportunités pour les opérateurs économiques.

Le gouvernement béninois continue de structurer son paysage sanitaire avec une rigueur chirurgicale. En signant le décret n° 2025-785, qui modifie le texte fondateur de novembre 2024, le président Patrice Talon confirme sa volonté de concilier impératifs de santé publique et dynamisme du secteur privé.

L’ouverture du « non stérile » aux sociétés commerciales

Jusqu’à récemment, l’importation et la distribution en gros des dispositifs médicaux étaient la chasse gardée des pharmaciens grossistes et de la centrale d’achat publique. Le nouveau décret brise ce monopole sur un segment stratégique. Désormais, les sociétés commerciales classiques, non pharmaceutiques, peuvent officiellement investir le marché des dispositifs médicaux dits « non stériles ».

Cette ouverture reste toutefois encadrée par un verrou administratif majeur qu’est l’obtention d’une autorisation par arrêté du ministre de la Santé. Cette mesure vise à injecter de la concurrence et de la fluidité dans l’approvisionnement des hôpitaux et cliniques en équipements lourds et petit matériel courant, tout en garantissant un suivi rigoureux des opérateurs.

Un régime de liberté pour les cosmétiques et les compléments

C’est sans doute la mesure la plus audacieuse du nouveau décret : la libéralisation totale de l’importation, de l’exportation et de la distribution des produits cosmétiques et des compléments nutritionnels. En insérant l’article 12 bis, le texte proposé par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, extrait ces catégories du carcan des « produits de santé » proprement dits pour les rendre au commerce général.

Cet article stipule que, nonobstant toute disposition contraire du présent décret, l’importation, la distribution et l’exportation des produits cosmétiques et des compléments nutritionnels sont libres sur le territoire national, sous réserve du respect des autres dispositions légales et réglementaires applicables. Cette décision répond à une réalité de marché évidente, le Bénin étant une plaque tournante pour ces produits dans la sous-région. Elle offre une sécurité juridique aux importateurs de produits de bien-être qui, jusqu’alors, naviguaient dans une zone grise réglementaire.

Si l’État ouvre certaines portes, il en ferme d’autres avec fermeté. La nouvelle mesure présidentielle impose un ultimatum aux sociétés commerciales qui s’étaient aventurées sur le terrain des dispositifs stériles et des réactifs de laboratoire.
Ces produits sensibles, exigeant des conditions de stockage et une expertise technique de haut niveau, retournent dans le giron exclusif des professionnels de la pharmacie. Les acteurs non conformes disposent d’un délai d’un an, à compter de la mi-décembre 2025, pour liquider leurs stocks et cesser ces activités spécifiques. Une période de transition qui témoigne de la volonté gouvernementale de ne pas rompre brutalement les chaînes d’approvisionnement, tout en assainissant durablement le secteur.

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