Politique, La Marina BJ — Après l’offensive judiciaire lancée par le Procureur spécial de la CRIET, le pouvoir exécutif sort de sa réserve. Wilfrid Léandre Houngbedji, porte-parole du gouvernement, a réagi ce mercredi 22 avril à l’interpellation de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba. Pour le porte parole du gouvernement, cette extradition est l’occasion attendue de confronter l’activiste à ses propres déclarations.
Alors que la justice sud-africaine poursuit ses vérifications avant l’audience cruciale du 29 avril (Lire LMBJ du 20/04/2026), le gouvernement béninois affiche une sérénité offensive. Tout en respectant la séparation des pouvoirs, l’exécutif ne cache pas son souhait de voir l’activiste panafricaniste répondre de ses actes sur le sol national.
« Faire la preuve de ses allégations »
Pour Wilfrid Léandre Houngbedji, l’éventuel transfèrement de Kemi Seba vers Cotonou dépasse le cadre des simples poursuites pour blanchiment. Il s’agit d’une question de dignité nationale. « Nous espérons qu’elles [les actions de la justice] aboutiront pour que l’intéressé ait enfin l’occasion de venir faire la preuve de toutes ses nombreuses allégations à l’encontre de notre pays », a martelé le porte-parole.
Le gouvernement pointe du doigt une dérive verbale qui, selon lui, menace l’image et l’intégrité de la République. Le porte-parole insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de querelles de personnes, mais bien de la défense des institutions : « Je ne parle pas de personnalités, je dis à l’encontre de notre pays. Nous avons tous toujours été témoins de ces déclarations, de ces affabulations, les unes aussi graves que les autres, s’agissant du pays, de sa sécurité, de sa stabilité. »
Le souhait d’une extradition totale
Tout en saluant le travail de la CRIET, le porte-parole du gouvernement béninois lie l’issue des procédures judiciaires à un besoin de clarification publique. « J’espère que les procédures enclenchées aboutiront donc à son extradition sur notre territoire pour qu’il ait l’occasion, devant la justice béninoise, de venir s’en expliquer », a-t-il conclu.
Cette sortie médiatique intervient à un moment charnière. En qualifiant les propos de Kemi Seba d’« affabulations », le gouvernement prépare le terrain à un procès qui, s’il a lieu au Bénin, sera autant sécuritaire que politique. Pour l’exécutif béninois, l’enjeu est de transformer le tribunal de la rue, où excelle Kemi Seba, en un tribunal judiciaire où les preuves devront remplacer les slogans.
Désormais, tous les regards restent tournés vers Pretoria, où la validation ou non de l’extradition par les juges sud-africains déterminera si ce face-à-face tant attendu entre l’État béninois et son plus virulent détracteur aura bien lieu.
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