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Sécurité nucléaire : Pourquoi le Bénin est sous la loupe de l’AIEA

Sécurité, La Marina BJUne mission de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) séjourne actuellement au Bénin. Objectif : évaluer et muscler le dispositif national de contrôle des sources radioactives. Une démarche cruciale qui rappelle que le risque nucléaire concerne aussi les pays sans centrales.

Quand on évoque la sécurité nucléaire, l’imaginaire collectif se tourne spontanément vers les grandes centrales électriques ou les installations militaires. C’est une erreur de perception majeure. Aujourd’hui, l’atome est partout, y compris dans les pays non producteurs d’énergie nucléaire comme le Bénin. C’est précisément pour auditer la gestion de ces « technologies de l’ombre » qu’une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) déploie ses experts sur le territoire national. Cette mission de haut niveau vise à passer au peigne fin les dispositifs béninois de contrôle, de sécurisation et de protection des sources radioactives. Car si le pays ne possède pas de réacteurs, il manipule quotidiennement des matières hautement sensibles dans des secteurs stratégiques.

De l’hôpital aux chantiers routiers

La présence de ces sources radioactives est indispensable au développement économique et sanitaire du pays. Elle exige cependant une vigilance de chaque instant. « Il y a beaucoup de sources », prévient d’emblée Kuassi Marcellin Amoussou Guénou, Secrétaire Permanent de l’Autorité Nationale de Sûreté Radiologique et de Sécurité Nucléaire (ANSR). Le premier utilisateur est sans surprise le secteur médical. Des structures de pointe, à l’instar du Centre hospitalier international de Calavi (CHIC), abritent des services de médecine nucléaire essentiels pour le diagnostic et le traitement de pathologies lourdes comme le cancer.

Mais l’atome se cache aussi là où on l’attend le moins, dans le secteur du BTP et de l’industrie. Les ingénieurs utilisent par exemple des « trosleurs » (des jaugeurs de chantier) pour mesurer la densité des sols lors de la construction des routes. Plus complexe encore, le secteur extractif est directement concerné. Dans les carrières du Zou, notamment à Savè ou à Dassa, on s’attend à ce qu’il y ait des isotopes radioactifs issus des matériaux exploités, explique le Secrétaire Permanent. Un enjeu de santé publique majeur qui interdit, selon lui, toute installation humaine dans ces zones sans études d’impact préalables.

Le double défi béninois

Pour encadrer ces pratiques, la stratégie du Bénin repose sur deux piliers sémantiques et techniques bien distincts, mais complémentaires, que la mission de l’AIEA va devoir évaluer.
Le premier volet concerne la sûreté radiologique, qui regroupe l’ensemble des mesures opérationnelles garantissant que l’utilisation normale de l’atome ne mette en danger ni les travailleurs qui la manipulent, ni les patients, ni le public, ni l’environnement. À cela s’ajoute le pilier de la sécurité nucléaire, qui englobe toutes les dispositions de protection physique et réglementaire pour éviter que la matière radioactive ne soit volée, perdue ou détournée à des fins malveillantes.

Face à la multiplication des infrastructures sanitaires et industrielles au Bénin, l’enjeu de cette inspection internationale dépasse le simple cadre administratif. Il s’agit de garantir que le développement du pays se fasse sous un bouclier technologique et réglementaire infaillible. Les conclusions de l’AIEA permettront à l’ANSR d’ajuster ses protocoles pour que l’atome reste, au Bénin, un levier de progrès exclusif et sécurisé.

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