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Comment l’exécutif béninois entend mieux suivre les projets financés par ses partenaires extérieurs

Gouvernance, La Marina BJ — Avec le nouveau régime, mobiliser des financements ne suffira pas; encore faut-il suivre ce qu’ils produisent sur le terrain. C’est, en substance, ce qu’il faut retenir du décret numéro 2026-404 signé par le Président Romuald Wadagni. Le ministère de l’Économie et des Finances, en charge de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la Dette, que dirige le ministre délégué Hugues Oscar Lokossou, voit le suivi-évaluation des projets inscrit parmi ses missions formelles, aux côtés de la négociation des financements et de la gestion de la dette. En savoir plus.

Le gouvernement béninois entend mieux encadrer le suivi des investissements réalisés grâce aux financements de ses partenaires extérieurs. Acté lors du troisième Conseil des ministres du régime Wadagni, le décret portant attributions, organisation et fonctionnement du ministère délégué confié à Hugues Oscar Lokossou ne limite pas le rôle de cette administration à la mobilisation des ressources. Il lui attribue aussi des fonctions de suivi, de coordination et d’évaluation des projets financés avec l’appui des partenaires au développement.

Le décret organise les missions du ministère autour de cinq domaines à savoir la mobilisation des ressources extérieures, la gestion de la dette publique, la coopération au développement, la coopération internationale, et le suivi et l’évaluation des projets et programmes financés sur ressources extérieures. Ce dernier volet est celui qui retient ici l’attention. Le ministère doit d’abord définir le cadre méthodologique du suivi-évaluation et apprécier la pertinence, l’efficacité, l’efficience et la viabilité des projets, aussi bien avant leur lancement (évaluation ex-ante) qu’après leur réalisation (évaluation ex-post). Ces critères couvrent la cohérence des opérations avec les besoins auxquels elles répondent, les résultats obtenus au regard des ressources mobilisées et la capacité des réalisations à produire des effets durables.

Il lui revient ensuite d’élaborer et de mettre en œuvre le dispositif de suivi de l’exécution physique et financière des projets. L’enjeu est de suivre à la fois l’utilisation des fonds et l’état d’avancement des opérations, afin de rapprocher les dépenses engagées des réalisations effectivement constatées.

Données, supervision et appui aux unités d’exécution

L’acte réglementaire insiste sur la qualité de l’information. Selon le décret consulté par La Marina BJ, ledit ministère doit assurer la collecte et l’analyse des données pertinentes, en liaison avec les unités d’exécution et les ministères sectoriels bénéficiaires, et veiller à la disponibilité d’une information fiable et actualisée sur l’état du portefeuille. Cette mission est portée par la Direction générale du Suivi et de l’Évaluation des Projets, qui doit aussi veiller à la conformité du rythme d’exécution avec les plannings et les rapports d’évaluation établis au préalable.

Sur le terrain, le ministère en charge de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la Dette prend part aux missions de supervision, aux revues à mi-parcours, aux revues périodiques de portefeuille et aux missions de réception dans le cadre des marchés publics des projets financés sur ressources extérieures. Il apporte également un appui technique aux unités d’exécution, notamment par des actions de renforcement de capacités conduites avec les partenaires techniques et financiers, et peut leur formuler des recommandations d’amélioration sur la base des évaluations.

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Le décret prévoit enfin que la Direction générale du Suivi et de l’Évaluation des Projets contribue à la production d’un rapport annuel de la performance des portefeuilles. Ce mécanisme doit offrir un bilan structuré des opérations suivies. La mesure présidentielle fixe des responsabilités formelles, sans établir à lui seul le niveau d’application de ces mécanismes ni les résultats déjà obtenus. Il renvoie par ailleurs l’organisation et le fonctionnement des directions techniques à un arrêté du ministre, étape à surveiller pour mesurer la traduction opérationnelle du dispositif.

Dans un contexte où le Bénin continue de conclure des accords de financement avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux (Lire LMBJ du 13/10/2026), la portée concrète de ces nouvelles responsabilités dépendra de plusieurs facteurs. C’est le cas de la disponibilité des données d’exécution, la régularité des revues de portefeuille, le suivi des recommandations et la production effective des rapports de performance prévus.

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