Production, La Marina BJ – Le paysage cotonnier de l’Afrique de l’Ouest et du Centre traverse une zone de fortes turbulences. Pour la deuxième année consécutive, la production cumulée des huit pays du Programme Régional de Production Intégrée du Coton en Afrique s’inscrit en baisse, s’établissant à 1 984 441 tonnes de coton graine pour la campagne 2025/2026, contre 2 317 064 tonnes lors de l’exercice précédent, selon les données définitives rendues publiques ce 16 juillet 2026. Ce recul global de -14,4 % masque toutefois un basculement notable : le Bénin devient le premier producteur régional, ravissant ce rang au Mali, qui le devançait lors de la campagne 2024/2025 (656 751 tonnes contre 637 697 tonnes pour le Bénin).
Le Bénin n’a pas été épargné par la conjoncture climatique difficile qui a frappé le bassin ouest-africain. Selon les données du programme régional, la production nationale affiche un recul de -16,3 %, s’établissant à 533 590 tonnes, tandis que le rendement moyen fléchit de -12 % pour atteindre 1 044 kg/ha. Le pays conserve toutefois la deuxième plus grande superficie cultivée de la région, avec 510 897 hectares, derrière le Mali. Son rendement reste par ailleurs supérieur au seuil de 1 000 kg/ha, aux côtés du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Togo, qui franchissent également ce niveau.
Le décrochage du Mali, facteur déterminant du basculement
La nouvelle position du Bénin s’explique en grande partie par le repli sévère du Mali, jusqu’ici premier producteur historique de la sous-région. Après une première baisse de -4,8 % en 2024/2025, la production malienne chute de -39,5 % en 2025/2026, à 397 540 tonnes, alors que le pays dispose pourtant de la plus vaste superficie cultivée de la région, avec 533 779 hectares. Selon le programme régional, cette contre-performance s’explique par des irrégularités pluviométriques combinées à une pression accrue des jassides, un ravageur qui affecte la formation des capsules de coton. Le rendement malien recule en conséquence de -29 %, à 745 kg/ha, le deuxième plus faible de la région après le Tchad.
Le Cameroun enregistre lui aussi une baisse de production de -11,9 % sur la même période, tandis que son rendement progresse légèrement (+2 %), à 1 268 kg/ha, le plus élevé de la région. La Côte d’Ivoire, en quasi-stabilité en volume (-0,4 %), voit son rendement bondir de +23 %, à 1 069 kg/ha. À l’inverse, trois pays affichent une progression notable de leur production : le Sénégal (+62,2 %, à 25 166 tonnes), le Tchad (+30,3 %, à 75 268 tonnes) et le Togo (+30,3 %, à 78 706 tonnes), ce dernier enregistrant par ailleurs la meilleure progression de rendement de la région (+33 %). Le Burkina Faso amorce également un rebond, avec une production en hausse de +7 %. Ces performances demeurent toutefois très inférieures en volume à celle du Bénin.
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Un leadership acquis, à confirmer
L’inversion de la trajectoire béninoise, passée d’une croissance de +6,4 % en 2024/2025 à un repli de -16,3 % en 2025/2026, illustre la sensibilité de l’ensemble de la filière régionale aux aléas climatiques. Les données disponibles du programme ne permettent pas d’établir les facteurs précis ayant permis au Bénin de mieux résister que le Mali ou le Cameroun ; elles montrent seulement que le recul enregistré a été moins prononcé.
Le maintien du rang de premier producteur régional lors de la campagne 2026/2027 dépendra notamment de l’évolution des conditions pluviométriques et de la capacité du Mali à contenir la pression des jassides, ainsi que de la poursuite de la dynamique de croissance observée au Sénégal, au Tchad et au Togo.
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