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Pour 2027, l’exécutif béninois prévoit près de 800 milliards de FCFA d’investissements liés au climat

Finance verte, La Marina BJ — Pour l’exercice 2027, le gouvernement béninois poursuit l’intégration des enjeux climatiques dans la programmation de ses investissements publics. Avec une enveloppe prévisionnelle de 797,5 milliards de FCFA d’investissements identifiés comme liés au climat, l’exécutif associe plus de la moitié de son portefeuille d’investissements publics à des objectifs d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques. En savoir plus.

Face aux événements météorologiques extrêmes qui érodent les côtes du golfe de Guinée, dégradent le réseau routier et menacent la sécurité alimentaire, la prise en compte des risques climatiques occupe une place croissante dans la programmation des finances publiques béninoises. Annexée au projet de loi de finances pour la gestion 2027, la note d’analyse de l’intégration du climat dans le budget de l’État fait ressortir une enveloppe de 797,5 milliards de FCFA identifiés comme liés au climat, sur un montant global de 1 545,2 milliards de FCFA d’investissements publics prévus. Selon le tableau détaillé, ces crédits représentent 51,25 % du portefeuille d’investissements publics. Cette orientation s’aligne sur les politiques climatiques nationales, notamment la vision stratégique « Bénin 2060 Alafia » et la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), qui vise une réduction de 33,7 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035.

Dans la répartition stratégique des 797,5 milliards de FCFA projetés pour 2027, l’exécutif béninois privilégie nettement les dépenses d’adaptation. Celles-ci absorbent à elles seules 682,6 milliards de FCFA, soit plus de 85 % de l’enveloppe climatique recensée. Les dépenses d’atténuation représentent, quant à elles, 114,9 milliards de FCFA. Cette répartition reflète la vulnérabilité du pays aux conséquences du changement climatique, alors que sa contribution aux émissions mondiales demeure faible. Le poids accordé à l’adaptation souligne ainsi la place des investissements visant à réduire l’exposition des populations, des infrastructures et des activités économiques aux risques climatiques.

Un portefeuille dominé par quatre ministères

L’effort d’investissement est porté en grande partie par un groupe restreint de ministères. En première ligne, le ministère du Cadre de vie et des Transports concentre 45,30 % des crédits climatiques recensés, soit 361,2 milliards de FCFA. Il est suivi par le ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, qui capte 15,92 % de l’enveloppe, soit près de 127 milliards de FCFA. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique arrive en troisième position avec 108,46 milliards de FCFA, devant le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, auquel sont associés près de 60 milliards de FCFA.

À eux quatre, ces départements concentrent plus de 82 % des crédits climatiques recensés. Cette répartition témoigne de la place occupée par plusieurs secteurs dans la programmation des investissements liés au climat. Le classement repose sur la contribution climatique attribuée aux projets et programmes recensés.

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Au-delà de l’identification des crédits, l’exercice 2027 se distingue par une évolution de la méthode d’analyse budgétaire. Alors que les évaluations précédentes portaient principalement sur des secteurs ciblés, le gouvernement a étendu le périmètre du marquage climatique à l’ensemble des projets inscrits au Programme d’investissement public. La méthode prend notamment en compte l’axe climatique concerné, l’objectif poursuivi, le niveau d’impact attendu et le secteur d’intervention, afin de mieux apprécier la contribution des investissements aux objectifs d’adaptation et d’atténuation.

Cette évolution vise à affiner l’identification des dépenses liées au climat, en dépassant une approche limitée à certains secteurs. Les projections témoignent également d’une progression sur plusieurs années : selon les données consultées par La Marina, les crédits climatiques atteindraient 815,4 milliards de FCFA en 2028, avant de franchir la barre des 1 054 milliards de FCFA en 2029. Ces montants demeurent des prévisions budgétaires, dont la portée devra être appréciée au regard de l’exécution effective des dépenses et des résultats obtenus.

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